Centrafrique : Les grandes prouesses de la mission effectuée à Carnot par Evariste Ngamana du MCU

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Bangui, le 03 mai 20

Le Rapporteur général et porte-parole du Mouvement Cœurs Unis (MCU),  Evariste Ngamana, a effectué une mission du 30 avril au 02 mai de l’année en cours dans la ville de Carnot (Préfecture de la Mambéré-Kadei). Accompagné d’une forte délégation des cadres et ressortissants de Carnot, les grands exploits de cette mission ont été marquées par la présence du Sous-préfet de Carnot, Célestin Doté ; Du maire de la ville Evariste Dolé ; Du président préfectoral du MCU ; Du président de la sous-fédération MCU de Carnot, Dockowéssé ; Du Sg MCU de Carnot, Archange-Narsynain Natalo ; Et le maire de Sosso-Nakombo, Albert Eustache Nakombo qui a été également de la partie.

Pour rappel, tout a commencé lors de cette mission, le 01 mai à la Mairie de Carnot, par la remise de 150 tables-bancs aux établissements scolaires, suivie de celle des kits d’hygiènes (seaux d’eau robinets, des savons liquides, des eaux javel…) en vue de permettre à la population d’observer les mesures barrières contre le coronavirus. Dans le même cadre d’activité, Evariste Ngamana a remis un lot de registre de transcriptions d’acte de naissance à la Mairie de Carnot, et qui par la suite, seront mis gratuitement à la disposition des populations de ladite localité. Faut-il le souligner, ces actions ont été bouclées par une réunion tenue entre la délégation de Bangui et les autorités locales.

Le porte-parole du MCU a également lancé les travaux de la réhabilitation de la Mosquée de ladite ville, détruite lors de la crise militaro-politique qui secouée la RCA. Tout ceci, a été accompagné d’une enveloppe d’argent et des vivres (riz, sucre, huile) et non-vivres (bouloirs) aux compatriotes musulmans qui observent le mois de ramadan en ce moment. Sur demande des responsables de l’Eglise EAO, des tôles et en enveloppe d’argent leur ont été offert à cet effet, en vue de la construction de la maison pastorale. En ce qui concerne l’association des taxi-moto, une sensibilisation a été faite à leur endroit concernant la lutte contre le COVID-19, suivie également d’une enveloppe d’argent pour le soutien à leur association. Ci-dessous, l’intégralité du point sur la mission avec l’interview exclusive du porte-parole du MCU, Evariste Ngamana.

 

 Lepotentielcentrafricain (LPC) : Monsieur Evariste Ngamana, bonjour !

Evariste Ngamana (EN) : Bonjour !

LPC : Vous êtes à Carnot, vous avez fait un don des tables-bancs à la Mairie de la localité, c’est pour appuyer le système éducatif que vous avez jugé en difficulté ?

EN : Merci beaucoup ! Mais je voudrais d’abord rappeler que le but premier de ma mission à Carnot, c’est dans le cadre de lutte contre le Coronavirus, autrement dit COVID-19. Comme le gouvernement, l’instruction du Chef de l’Etat, s’engage dans ce combat-là, il est de notre devoir en tant que ressortissant de la localité, de vouloir venir sensibiliser les parents quant à l’ampleur que prend cette maladie en ce moment.

Et pour joindre l’acte à la parole, j’ai pris seulement la responsabilité de mettre à la disposition de la municipalité de Carnot, quelques kits pour le lavage de mains. Conjointement à cela, j’avais à l’époque distribuer des kits scolaires, et je me suis rendu compte que les élèves s’asseyent à même le sol pour suivre les cours. Je me suis battu d’avoir aussi 150 tables-bancs que je viens de remettre pour la localité.

LPC : Concernant la lutte contre le COVID-19, quelle appréciation faites-vous de l’état des lieux ici, s’agissant le combat dans la ville de Carnot ?

EN : Nous voyons que nos compatriotes n’ont pas encore pris la conscience de pandémie. Vous vous rendez compte qu’au niveau des lieux publics, dans certains quartiers populaires de la ville qu’on a sillonné pour sensibiliser les gens, beaucoup ne voit pas encore l’ampleur de cette maladie. C’est pourquoi nous avons aussi parcouru tous les autres quartiers pour sensibiliser les gens. Avec les autorités locales, on a échangé pour qu’elles sensibilisent davantage les populations. J’ai bon espoir que dans un futur proche, ça ira.

LPC : Vous avez réuni à la Municipalité de Carnot des registres pour la confection des actes de naissance à la population. Qu’est-ce qui a motivé cette action ?

EN : La ville de Carnot fait face à ce problème d’acte de naissance qui est document pour les nouveau-nés. Nous avons estimé qu’il est important pour nous d’apporter notre modeste contribution pour régler cette question. C’est ainsi que nous avons mis à la disposition de la Municipalité quelques registres d’acte de naissance, de jugement supplétif…pour permettre aux autorités municipales de régler ce problème.

LPC : Vous avez lancé également les travaux de réhabilitation de la Mosquée qui a été détruite pendant les évènements. Vous voulez par-là consolidation la cohésion entre les différentes communautés qui vivent à Carnot ?

EN : effectivement c’est depuis 2014 que je travaille sur la question de cohésion sociale dans la ville de Carnot ! J’ai eu à multiplier des actions allant même dans le sens sportif avec plusieurs coupes pour la paix. Ces derniers temps, comme vous l’avez constaté, beaucoup de nos frères musulmans qui étaient en exil au Cameroun ou bien déplacés dans d’autres villes, commencent à retourner au niveau de Carnot. Il est de notre devoir de les accueillir dans de bonnes conditions. Beaucoup ont perdu leurs maisons, et le lieu de culte est aussi symbolique.

Donc pour nous, il est tout à fait normal de pouvoir contribuer à leur réintégration. C’est dans ce sens que j’ai pris sur moi la responsabilité de réhabiliter la grande Mosquée qui se trouve au niveau de la gare-routière pour permettre à nos frères musulmans, d’ici la fin de ramadan, de reprendre la prière à ce lieu de culte.

LPC : Que répondez-vous à ceux qui disent que vous faites tout ceci à cause des élections qui s’approchent ?

EN : Je le fais d’abord en tant que ressortissant de Carnot. Disant, je le fais dans le cadre purement social ! C’est pour dire que la question d’élection n’est pas à l’ordre du jour ! J’ai eu quelques demandes de la part des pasteurs qui ont voulu construire une maison pastorale. Comme vous l’avez constaté, j’ai pris la responsabilité de répondre à leurs préoccupations…

LPC : Les conducteurs des taxi motos ont aussi bénéficié de ces kits, y compris les musulmans qui traversent la période de ramadan. Toutes ces actions visent à soutenir les communautés de Carnot ?

EN : Effectivement ! C’est pour renforcer la cohésion sociale, c’est pour aider la population à souffler un peu par rapport à la crise que vit cette localité. Puisque nous sommes en période de ramadan, ce moment de jeûne et de prière, nos musulmans ont besoin de notre soutien. C’est pour cette raison que j’ai apporté des vivres, composés du riz, du sucre, de café, de l’huile…juste pour couvrir ce mois de ramadan. Parallèlement à cela, j’ai soutenu les taxi-motos qui sont une entité non-négligente dans la ville pour leur permettre de faire face à la maladie qui sévit en ce moment.

LPC : La ville de Carnot aujourd’hui, traverse en quelque sorte, une crise alimentaire où les produits alimentaires ont connu une flambée de prix, à l’exemple la cuvette de manioc. Comment expliquez-vous cette situation ici ?

EN : C’est une situation difficile, déplorable et lamentable. J’ai été informé de cette situation en arrivant dans la ville où la cuvette est vendue à 4500FCFA. Ça veut dire même à Bangui la cuvette du manioc est vendue moins chère qu’ici. Vous êtes sans ignorer que Carnot est une localité diamantifère et beaucoup des gens se sont concentrés sur les activités du diamant. Et aujourd’hui, les gens ne peuvent que faire face à crise de manioc. Nous sommes en train de nous battre pour mobiliser les gens en groupement, coopérative pour la culture du manioc et surtout sa production en grande capacité d’ici l’année prochaine pour contribuer à la réduction de cette crise. Je demande à la population de Carnot de s’organiser pour les travaux champêtres et combattre cette situation.

LPC : Monsieur Evariste Ngamana, un adage dit que la route est le socle du développement. Toutes les infrastructures routières dans la Sous-préfecture de Carnot sont en ruine. Quelle solution à votre avis pour pallier à ce problème ?

EN : Je n’ai pas de solution miracle ! Ce que je pourrais faire pour appuyer les autorités locales, c’est de faire un plaidoyer dans ce sens, de porter la situation à l’attention des plus hautes autorités. C’est difficile la trésorerie, mais c’est la route qui relie la préfecture économique du pays et Bangui. Les difficultés sont énormes, mais je prie nos autorités de porter un regard particulier sur ce secteur, juste pour réhabiliter le tronçon Baoro-Berberati.

LPC : Mais à propos des fonctionnaires et agents de l’Etat qui travaillent

Le conseil que j’ai à leur donner est que, l’avenir de demain se prépare aujourd’hui. L’Etat les a affectés dans cette localité pour prêter main forte à leurs compatriotes. Je ne peux pas comprendre qu’ils continuent d’émarger sur le budget de l’Etat, et refuser de prendre leurs postes, qu’ils fassent tout pour regagner leurs postes respectifs, d’aider leurs frères à pouvoir étudier dans de bonne condition.

LPC : Monsieur Evariste Ngamana, je vous remercie.

EN : C’est à moi de vous remercier.

@Propos recueillis par Hervé BINAH, de retour de Carnot

 

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