Centrafrique : Le président de l’Assemblée Nationale Laurent Ngon Baba fait le grand déballage sur ce qui se dit bas

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Bangui, le 06 août 19

Laurent Gon BABA Président de l’Assemblée nationale

Le président de l’Assemblée Nationale Laurent Ngon Baba sort de son mutisme et éclaire les lanternes du public sur le grand rôle que joue l’Institution qu’il dirige, tout en apportant des éclaircissements sur ce qui se dit bas par certaines personnes malintentionnées depuis que ce dernier est arrivé au perchoir de l’Assemblée nationale au mois d’octobre 2018. Dans une accordée à l’un de nos confrères du journal « Le Citoyen », le président Laurent Ngon Baba a fait le tour des sujets liés à l’actualité politique, l’Assemblée Nationale, son parti PAD et le comité d’organisation de pèlerinage à la Mecque.

En abordant en premier lieu la question ses priorités en arrivant à la tête de l’Assemblée Nationale, le président Laurent Ngon Baba a indiqué que quand il a élu, celui-ci s’est mis à tirer les enseignements des griefs que ses collègues portaient contre son prédécesseur, l’honorable Abdou Karim Meckassoua. Ce qui l’intéressait, ce sont les griefs liés à l’Assemblée nationale. Et il a retenu les points essentiels de ces griefs qui se résumaient en seul mot, à savoir la «mal gouvernance» au niveau de l’Assemblée nationale. Est-ce que l’Assemblée nationale était gérée sous le principe de la bonne gouvernance, puisque les députés notaient beaucoup plus la mauvaise gestion, au plan administratif et financier, des biens meubles ou immeubles. Pour cela, il fallait donc pour lui de fixer les priorités.

D’abord, il fallait pour le président Laurent Ngon Baba d’avoir des collaborateurs déterminés et engagés à l’accompagner dans sa mission. Mais, dans cette logique,  il était impératif de définir un cadre organique de l’Assemblée nationale, puisque l’organigramme n’existait pas. Ce dernier, en priorité, s’est concerté avec ses collègues membres du Bureau à se pencher sur la mise en place d’un nouvel organigramme. C’est ce qui a été fait, avant que le mouvement du personnel ne s’ensuive : le mouvement du personnel au niveau du Secrétariat général, de l’Administration générale et au niveau de son Cabinet.

A côté de l’organigramme, il fallait pour Ngon Baba de régler le problème de la mauvaise gestion financière. L’élaboration du règlement financier qui constitue la règle de base de la gestion de la comptabilité, de l’ordonnancement des dépenses pour ainsi fixer les règles de l’exécution du budget affecté à l’Assemblée nationale. Tout ce travail qui a été entamé, faut-il le souligner, a été suspendu pour question d’impératif de vote de Loi.

Mais, il a été repris pour permettre de finaliser le règlement financier afin de permettre à asseoir des règles de gestion financière à l’Assemblée nationale qui imposent des formalités à remplir par chaque responsable. En attendant la mise en place de ce règlement financier, le bureau de l’Assemblée Nationale a créé des services adéquats en vue de l’élaboration du budget de l’Assemblée nationale. Aussi, en attendant l’adoption de ce texte, le président Laurent Ngon Baba a instruit tous les services et le Bureau de l’Assemblée nationale pour observer strictement les règles de l’exécution du budget.

Aujourd’hui à l’Assemblée Nationale, aucune dépense ne peut être engagée, aucun ordonnancement ne peut être engagé sans le visa de la questure de l’Assemblée nationale. L’Assemblée nationale est appelée à donner son avis sur tout ordonnancement avant que les dépenses ne soient engagées. Tout ceci permet d’identifier la responsabilité de chacun, au cas où un problème venait à survenir.

La corruption et le clientélisme toujours à l’Assemblée Nationale ?

Jamais, dira le président Laurent Ngon qui n’en voit pas ! Car lorsqu’on parle de dictature, on ne sait pas si on fait allusion à la gestion des ressources humaines. Et quand on parle de la gestion des ressources humaines, il faut voir deux catégories : li y’a le personnel administratif et les députés. La gestion des députés à l’Assemblée Nationale, selon le président Laurent Ngon Baba, n’est pas semblable à la gestion des fonctionnaires parlementaires et de ceux de la Fonction publique. C’est surtout à ce sujet que les députés élèvent le ton au sujet de la représentation de l’institution à l’étranger et auprès des structures. C’est ici le vrai problème.

Pour éclairer les lanternes de nos lecteurs, à l’Assemblée Nationale, la règle de désignation des représentants est l’élection. C’est par cette voie que le représentant de l’Assemblée nationale au sein de la Haute Cour de Justice a été désigné. A défaut d’élection, les députés se concertent pour désigner par consensus un des leurs. C’est à ce niveau que des voix s’élevaient parce que les règles n’étaient pas respectées dans la plupart des cas, et surtout lorsqu’il s’agit de missions à l’étranger.

Mais l’idéal est de faire en sorte que les députés désignés ne cumulent les postes de représentants auprès des organisations internationales, a souligné le président Laurent Ngon Baba, sinon on risque de se confronter à un problème de gouvernance. C’est dans cette dynamique qu’a rencontré et sensibilisé des députés qui cumulaient des mandats de représentation, et ils ont dégagé des postes qui sont affectés à d’autres députés.

Laurent Ngon Baba dispose des responsabilités dans les maux qui gangrènent le bon fonctionnement de l’Assemblée Nationale ?

On peut rassurer nos lecteurs que le rapport qui est établi par la Cour des Comptes récemment sur l’Assemblée Nationale, est un rapport qui concerne la gestion de l’Assemblée Nationale dans une période bien définie. Il s’agit de l’année 2016 jusqu’à septembre 2018 avant que le président Ngon Baba sois au perchoir de l’Assemblée Nationale. « Néanmoins, je pense que les maux qui gangrènent le fonctionnement de l’Assemblée Nationale, ces maux c’est ce que je venais de souligner tout à l’heure. Aujourd’hui, on se mobilise, on s’attaquer à ce mode de mauvaise Gouvernance, nous sommes en train d’apporter des solutions nouvelles. Nous sommes en train de moderniser l’Assemblée Nationale à s’avoir un nouvel organigramme mise en place, un mouvement du personnel, on a choisi des Hommes et des Femmes à la place qu’il faut en tenant compte de leur profil pour mettre à des différents postes. », A-t-il dit.

C’est cela la bonne gouvernance, les moyens sont limités, en fonction de ce que l’Assemblée nationale dispose, mais le président Ngon Baba et ses collègues essayent de mettre l’Assemblée Nationale au niveau de l’Institution Républicaine qu’elle représente aujourd’hui.

Pourquoi l’histoire de pot de vin avec l’affaire Bozoum, le patron de l’Assemblée Nationale, tient à relever qu’il n’y a pas d’entreprises chinoises en République Centrafricaine. Autrement dit, les entreprises qui sont installées en Centrafrique sont des entreprises créées selon les règles du droit centrafricain. Donc, ce sont des entreprises centrafricaines, même si les actionnaires peuvent être des étrangers. Cette précision à toute son importance, parce que sur le plan diplomatique, on peut penser que c’est une organisation gouvernementale chinoise.

Le citer dans cette affaire est quand même surprenant. C’est une initiative parlementaire, puisque les députés ayant été informés que certains députés auraient été corrompus dans l’examen des dossiers chinois, et avons pris le dossier en main en mettant en place une commission d’enquête. Un législateur ne peut pas être un exemple de corruption ! « Nous avons décidé d’instaurer la bonne gouvernance en notre sein, nous les députés ! On n’a pas attendu une quelconque institution pour régler notre problème, moraliser l’Assemblée nationale et les députés centrafricains. La Commission d’enquête qui a été mise en place a auditionné ceux qu’elle pouvait auditionner. Moi-même, j’ai été auditionné en tant que président de l’Assemblée Nationale.

Le Rapport de cette Commission d’enquête a été présenté à tous les députés lors du dernier jour de la session extraordinaire. Les députés ayant estimé que le délai ne permettait pas, et nous avons renvoyé la délibération de ce dossier à la prochaine rentrée parlementaire d’octobre prochain. Les responsabilités ne sont pas encore établies puisque les députés n’ont pas encore délibéré sur la question. Je déplore simplement que l’initiative parlementaire soit accaparée par d’autres institutions.

Il en est de même du Rapport parlementaire de la Commission d’enquête sur l’exploitation minière à Bozoum qui provoquerait des dégâts sur l’environnement. En tant que représentation nationale, nous ne pouvons pas nous taire. Ce Rapport qui est un outil interne à l’Assemblée Nationale sera présenté en plénière aux députés pour délibération en vue d’en donner une suite. Le Bureau de l’Assemblée Nationale travaille en fonction du Rapport du gouvernement, et le moment venu, les députés vont délibérer en tenant compte de tous ces éléments », Argumente-t-il en demandant au public d’être patient car d’ici la prochaine session, les députés vont délibérer sur le Rapport d’enquête parlementaire sans aucune pression de qui que ce soit.

« Nous ne pouvons pas admettre qu’étant législateurs, que nous donnions l’exemple de la corruption, et nous avons décidé d’instaurer la bonne gouvernance à notre sein de nous-mêmes les députés. On n’a pas attendu une institution extérieure, nous avons pris l’initiative de régler nous-mêmes et de moraliser l’assemblée nationale, moraliser les députés centrafricains. La commission d’enquête mise en place a auditionné, moi-même j’ai été auditionné en tant que Président de l’assemblée nationale mais le rapport de cette commission d’enquête a été présenté en concertation en plénière à tous les députés lors du dernier jour de la session extraordinaire. Les députés ont estimé que le délai ne permettait pas et nous avons renvoyé la délibération de ce dossier à la prochaine session », précise le président de l’AN qui a déploré du fait que la responsabilité n’est pas encore établie, mais d’autres institutions s’accaparent du dossier.

Les gens tout simplement le fonctionnement de l’Assemblée nationale. Ce qui compte aujourd’hui, c’est de voir comment l’homme travaille sur le terrain. La véritable question, c’est de savoir si le président Ngon Baba ne dirige pas bien l’Assemblée Nationale aujourd’hui.

«  Je suis là depuis novembre 2018, autant de textes ont été adoptés, autant de décisions ont été adoptées en plénière. Est-ce que l’opinion nationale a constaté un affaiblissement de l’Assemblée Nationale ? Je ne pense pas ! Quand j’ai parlé du fonctionnement de l’Assemblée Nationale, le Président de l’Assemblée Nationale assure l’administration de l’Assemblée nationale. Il a le pouvoir de présider les travaux de l’Assemblée Nationale », Dira-t-il.

En quoi le Président NGON-BABA a affaibli l’Assemblée Nationale ? Son rôle n’est pas d’affaiblir l’Assemblée Nationale, mais de faire en sorte que la cohésion existe au sein de l’institution et de veiller à la cohésion de l’équipe du bureau de l’Assemblée Nationale.

Sa lecture sur la mise en œuvre de l’Accord politique de paix et de la réconciliation…

Il s’agit pour lui d’une question délicate alors que tout l’espoir du peuple centrafricain se fondait sur cet Accord. C’est dire que si ça ne marche pas, les députés doivent être préoccupés et porter cela vite à l’attention du gouvernement, cherché à avoir des solutions. L’Accord était une voie attendue par le peuple centrafricain. Pour le PAN, il y’a une accalmie après cet Accord, n’eût été l’évènement de Paoua par les éléments de SIDIKI dont l’Assemblée Nationale a réagi en interpellant le gouvernement.

Politiquement, Laurent Ngon Baba est le leader du Parti d’Action pour le Développement (PAD). Il est le Président de ce parti et c’est à ce titre là qu’il entrait au Gouvernement, en siégeant à l’Assemblée Nationale en tant que Premier Vice-président en 2011 à 2013. Ce sont des charges qu’il a eues avant qu’il ne soit Président de l’Assemblée Nationale. Il en est de même du comité national chargé de l’organisation du pèlerinage à la Mecque. Avant d’être un homme politique, Laurent Ngon Baba comme tout autre être humain, a choisi d’abord d’être croyant.

« Toutes les actions sont guidées par les règles de la morale religieuse et ensuite de la bonne gouvernance et c’est grâce à la religion que j’ai ce comportement aujourd’hui. », conclu-t-il en disant qu’il est fier de l’Assemblée nationale aujourd’hui et fier de ce que font les députés. Car, les députés ont pris conscience que la vie de la nation, est entre leurs mains et c’est pourquoi lorsqu’il y’a des sessions extraordinaires qui sont convoquées, s’ils sont en intersession, à son appel, à l’appel du Chef de l’Etat, ils répondent présents.

Sur son éventuelle présentation  à la prochaine élection présidentielle, il dit que quand on parle des partis politiques, il y’a des organes compétents pour prendre des décisions et il faudrait que le congrès d’un parti politique se réunisse comme pour le PAD pour introniser les candidats aux élections législatives et se prononcer sur l’élection présidentielle. « Le moment n’est pas encore venu. Je ne fais pas dictature, ce sont les militants du PAD qui vont se prononcer et qui vont décider de l’avenir politique du PAD. Mais c’est le résultat électoral du parti qui traduit le positionnement du parti », avoue en toute franchise le président de l’Assemblée Nationale.

@Herman THEMONA

  

 

 

 

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