Centrafrique : Le tout n’est pas de signer un accord, mais il faut se méfier de ces criminels

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    Bangui, le 06 févr.-19

    Va-t-on vers le bout du tunnel en Centrafrique ? En tout cas, après dix jours de négociations sous l’égide de l’Union africaine (UA), les frères « ennemis centrafricains » sont parvenus à un accord de paix qui semble donner satisfaction à toutes les parties. Ainsi, le paraphe du texte de l’accord qui devait intervenir le week-end dernier, entre les quatorze groupes armés et le gouvernement centrafricain dans la capitale soudanaise, a eu lieu finalement à Bangui.

    En attendant la concrétisation matérielle de cet accord de paix, notamment son respect par les parties prenantes, la question que l’on pourrait se poser est de savoir si cet accord visiblement arraché au forceps marquera la fin du calvaire pour le pays de Faustin-Archange Touadéra. Il faut l’espérer.

    Il faut surtout espérer que l’épée de Damoclès de la Cour pénale internationale (CPI) qui s’est déjà abattue sur la tête d’au moins deux ex-seigneurs de guerre en RCA qui croupissent actuellement dans ses geôles, sera suffisamment dissuasive pour amener le reste des combattants de la séléka à faire…fusil bas dans la mise en œuvre de ce nouvel accord. Puisqu’en réalité leurs éléments continuent de massacrer les populations civiles dans les provinces.

    A vrai dire, ce pays a beaucoup souffert et s’est retrouvé sur les routes de l’enfer depuis qu’il s’est laissé prendre dans l’engrenage de cette guerre imposée par l’extérieur qui dure depuis bientôt six ans et qui a déjà laissé de nombreux Centrafricains sur le carreau.

    Malheureusement, malgré les efforts, le pays présente aujourd’hui encore toutes les caractéristiques d’une hydre à plusieurs têtes à telle enseigne qu’il était hasardeux de dire avec exactitude d’où pourrait venir la solution dans ce contexte d’intérêts divergents où le bruit des armes se fait plus entendre que les appels à la paix. Rien n’est moins sûr !

    Pour preuve, cet accord de paix n’est pas le premier du genre et rien ne dit qu’il sera le dernier. Et comme jusque-là, l’on ne connaît pas le contenu dudit accord, l’on ne serait pas surpris qu’un jour, il soit encore remis en cause par l’une ou l’autre des parties. En tout cas, bien malin qui saurait dire à qui profite la chienlit en RCA.

    C’est pourquoi il y a lieu de croire que les groupes rebelles qui étaient en position de force dans ces négociations, se sont entourés de garanties sûres et solides pour s’engager sur le chemin de la paix. La question est maintenant de savoir si cela sera suffisant et si dans sa mise en œuvre, cet accord ne va pas buter encore contre d’autres obstacles.

    En tout état de cause, l’on attend de voir ce sur quoi va déboucher ce nouvel accord de paix, le huitième du genre. Car, le tout n’est pas de signer un accord. C’est la mise en application qui pose souvent problème. Encore faudrait-il que chaque partie respecte sa parole. Dans le cas d’espèce, si l’amnistie tant demandée par les groupes armés peut contribuer à ramener la paix, il appartient aux Centrafricains et à eux seuls de décider si ce sera le prix à payer. Mais jamais ! L’amnistie, ni le partage du pouvoir ne sera accordé.

    Il serait donc impératif de prendre des mesures réparatrices en faveur des familles des victimes et surtout mettre des garde-fous pour que de tels actes abominables ne se répètent plus jamais. C’est à ce prix que les Centrafricains pourront aller au désarmement des cœurs, et à la réconciliation véritable.

    Bienvenu ANDALLA,

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