Centrafrique : Que cherche l’Union Africaine avec cette énième réunion avec les groupes armés dans la ville de Bouar ?

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Bangui, le 29 août 18

Alors que le peuple centrafricain tout entier s’attendait à ce que la date et le lieu de la tenue du dialogue inter centrafricain soient fixés par l’Union Africaine qui a la charge du dossier de ces pourparlers qui sont qualifiés par tous, de rencontre de dernière chance pour sortir définitivement la RCA de cette longue crise qui continue de perdurer, l’on apprend qu’une réunion entre le panel des facilitateurs de l’UA et les groupes armés s’est ouverte le lundi 27 août dernier 2018 dans la ville de Bouar à l’Ouest du pays. Du coup, les interrogations et commentaires sur cette rencontre occupent une bonne place sur toutes les lèvres.   

Pour certains observateurs et acteurs de la société civile centrafricaine, cette réunion du Soudan n’est sans doute qu’une manière pour l’Union Africaine de convaincre les groupes armés à revoir la liste de leur dizaine de revendications pour sortir des préoccupations claires et succinctes qui seront inscrites en bonne place dans le document sensé être la loi extra-suprême contenant des engagements des principales parties prenantes à ce dialogue que sont le Gouvernement et les groupes armés.

N’est ce pas là, une véritable ruse qui consiste à faire avaler au Gouvernement et à l’ensemble du peuple centrafricain les pilules les plus amers tant redoutées dont la composition chimique contient entre autres, l’amnistie et le partage du pouvoir avec des individus Séléka à la commande de la Primature ainsi qu’aux postes stratégiques et juteux de l’Etat? Il est a rappelé que parmi les douze points de revendications dites non négociables des séléka, figure bel et bien les points qui concernent l’amnistie et le poste de la Primature.

Cependant, il va sans dire que toute décision à n’importe quel degré que ce soit, tendant à amnistier les auteurs des crimes commis en RCA suscitera aussitôt, un tôlée tant au niveau national qu’international vu les positions radicales exprimées à ce sujet par les différentes couches de la société centrafricaine.

De mémoire, une plate forme des organisations de la société civile qui regroupe en son sein plusieurs associations de jeunes et des femmes était montée au créneau le mois de juillet dernier pour faire entendre à l’opinion nationale et internationale leur position qui consiste dire Non, à l’impunité et l’amnistie en Centrafrique. Idem pour le l’URCA, principal parti d’opposition qui dans le même mois de juillet 2018 avait savoir sa position sur cette initiative de l’Union Africaine à travers la déclaration de son président Anicet Georges DOLOGUELE qui disait que : « Nous plaidons pour que tous les acteurs soient là pour discuter, mais d’ore et déjà, l’URCA marque sa ferme opposition a toute idée d’amnistie qui d’ailleurs n’apportera rien dans le processus de  la résolution de la crise de tant plus que nous l’avons déjà expérimenté  par le passé et il faut en finir avec cette démarche peu productive ».

Ce sujet de l’amnistie en faveur des auteurs en RCA prend déjà une dimension internationale avec l’implication de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), de l’Amnesty International et de Human Rigths Watch aux côtés des organisations nationales de défense des droits de l’Homme qui se mobilisent pour barrer la route à initiative visant dédouaner les criminels. Bref.

D’autres commentateurs de la vie politique nationale n’hésitent pas à qualifier cette réunion du Soudan d’un grand complot ourdi contre le pouvoir de Bangui car, selon ces derniers, la moindre résistance des autorités centrafricaines à l’application de toutes les revendications de ces groupes de grands criminels et pilleurs de la République qui seront assorties de cette décisive réunion, sera considérée comme un péché impardonnable vis-à-vis de la communauté internationale et que seul le régime de TOUADERA paiera les frais.

Et c’est face à cette complexité de l’initiative de l’Union Africaine qui avait initialement prévu comme principal objectif le retour définitif de la paix en RCA que le centrafricain lambda s’interroge pour savoir la place qui lui est réservé dans cet imbroglio que représente ce dialogue inter centrafricain qui donne l’allure d’un film Western.

Ceci dit, pour ce centrafricain lambda l’espoir est encore permis même avec cette réunion du Soudan, le  Dialogue inter Centrafricain est encore en préparation sur la piste des Panélistes de l’Union Africaine (UA) à travers une feuille de route calibrée et approuvée par le Gouvernement Centrafricain ainsi des partenaires sous-régionaux. Mais, c’est l’approche inclusive de ces pourparlers qui fait polémique  depuis que les autorités politiques du pays ont décidé que les discussions se tiennent exclusivement  entre l’exécutif et  les groupes armés qui sont désormais les plus aguerris et les plus forts, car ces derniers contrôlent la quasi-totalité des préfectures que comptent la RCA.

A suivre…

Herman THEMONA,

 

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