CENTRAFRIQUE : LES CENTRALES SYNDICALES N’EMETTENT PAS SUR LA MEME LONGUEUR D’ONDE

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Bangui, le 16 novembre 17

« Le syndicat centrafricain doit changer », mais la question qui reste posée c’est si vraiment ce syndicat va changer réellement puisque les centrales syndicales sont divisées en deux plateformes dont l’une conteste les démarches de l’autre.

L’exemple patent est que depuis un certains temps, le Secrétaire général de GSTC, Firmin Zoh-Ponguélé et le secrétaire général, Gustave Soumaïne Yagossa de UGTC ont commencé à organiser des AG à la bourse du travail par rapport aux solutions pouvant décanter les problèmes des fonctionnaires et agents de l’Etat en commun accord avec ces fonctionnaires et agents de l’Etat de la RCA.

Le lundi 09 octobre dernier, une conférence de presse a été organisée à l’ACFPE animée par Noël Ramadane, Victoire Koyadéké et Oumarou Sanda. A noter que lors d’une réunion avec la base suite à la rencontre des secrétaires généraux avec le premier ministre, un doigt accusateur a été pointé à l’encontre du camarade Noël Ramadane, lequel jouait au traitre. Très remontée, la base a décidé de ne plus accepter la présence de ce dernier à la bourse de travail dans une réunion.

Le samedi dernier, un compte rendu de la rencontre avec les experts du FMI a été fait à la base à la Bourse de travail. Le FMI compte soutenir le syndicat centrafricain et promet de payer les arriérés de salaire d’ici la fin de l’année 2017. Mais avant de procéder au payement de ces arriérés, un audit doit être fait. Car le FMI compte payer ces arriérés de salaire d’ici décembre 2017 et janvier 2018.

Mais pour la base, le syndicat doit rester debout. Le syndicat est le cadre formel. Il incombe au gouvernement d’engager des négociations avec les fonctionnaires et agents de l’Etat. Pour les SG, le ministre de la Fonction Publique a cette volonté de négocier donc il faut lui accorder cette faveur.

Seulement la base rejette cette stratégie et souligne qu’il n’est pas question d’ouvrir de quelconque négociation avec le gouvernement. Elle souligne par ailleurs qu’elle n’a rien à négocier avec le gouvernement et ne veut que ces deux mois d’arriéré de salaires. Pour elle, le gouvernement est en train de la rouler dans la farine. Elle tient absolument à ce que les deux mois lui soient versés.  Notre patron demeure l’Etat mais actuellement ce patron n’arrive pas à nous satisfaire. Ce n’est pas le FMI qui a intégré les fonctionnaires dans la fonction publique. Si le gouvernement a augmenté l’effectif des ministres, nommé des bras cassés comme des sous-préfets, organisé des descentes des ministres dans les établissements, inauguré des bâtiments, cela signifie qu’il a suffisamment d’argent. Les enseignants ont l’obligation d’être toujours propres mais ils n’ont pas les moyens. Il nous faut par conséquent réveiller le gouvernement. Ce dernier avait fait la promesse de payer tous les arriérés en 2016, ce qu’il n’a pas pu réaliser. Deux contrôles ont été faits mais sans suite. La base ne peut pas attendre jusqu’à 2018 car elle a été très patiente. La base n’a pas de compte à rendre au FMI. Elle décide sur-le-champ à ce qu’un préavis de grève soit déposé. Comment expliquer  le fait que le budget du ministère de la défense qui était de 7 millions durant la transition passe actuellement à 800.000 francs ? Pourquoi alors parler de négocier vu que la base s’était entendue qu’elle n’en voulait pas en entendre parler. Il nous faut tuer le serpent en coupant sa tête. Nous ne pouvons plus faire confiance à nos SG qui ne sont que des corrompus. Il faut faire la volonté de la base. Car le syndicat se définit comme une association destinée à défendre des intérêts professionnels communs. « Un ventre creux n’a point d’oreille ». Les salaires et les pensions constituent des dépenses de souveraineté. Le gouvernement a jugé utile d’augmenter la masse salariale avec l’infiltration des gens du quartier dans la fonction publique. Il doit prendre ses responsabilités dans un bref délai. Et tant que ce gouvernement ne paye pas les salaires, il ne peut exercer de droit sur les fonctionnaires et agents de l’Etat.

Dans son point de presse du lundi 9 octobre dernier, le camarade Noël Ramadane souligne qu’il ne faut pas confondre  une institution et la personne humaine qu’il est. Le moment n’est pas indiquer en vue mener ce combat tant le pays est encore en période de crise. C’est ce qui explique l’attitude responsable de certains dirigeants syndicaux qualifiés à tort ou à raison par certains esprits de faibles, laxistes ou alors que ceux-ci sont corrompus. Il est nécessaire de privilégier le dialogue. Il demande à ce que les fonctionnaires et agents de l’Etat soient patients et attendent la promesse du FMI. Toutefois la promesse n’engage que ceux qui y croient. Si le FMI ne tient pas à ses promesses, il risque d’envenimer le tissu social du pays. La démarche actuelle n’est pas logique ; les représentants doivent d’abord se concerter en amont. Les SG ne doivent pas se fier à la décision de la base qui risque de les entrainer sur un terrain dangereux. Elle ne fait que remonter la pression qui risque d’empiéter sur la bonne démarche. Actuellement, les centrales syndicales sont indépendantes. Elles militent présentement en deux plates formes.

Un véritable bras de fer s’installe entre les leaders syndicaux. Les uns ont décidé de ne pas travailler avec la base alors que d’autres l’associent à la prise de décisions.

Herman THEMONA

LPC,

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