CENTRAFRIQUE : DÉCLARATION DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE AUX PRÉFETS ET AUX SOUS-PRÉFETS

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BANGUI, LE 29 OCTOBRE 2017

photo de famille

– Monsieur le Ministre de l’Administration du Territoire, de la Décentralisation et du Développement Local ;
– Mesdames et Messieurs les Préfets ;
– Mesdames et Messieurs les Sous-Préfets ;
– Mesdames et Messieurs ;

J’ai tenu à présider cette rencontre afin de vous faire part de ma confiance et de la haute conception que je me fais de vos fonctions, au service de la République.

Notre pays, vous le savez comme moi, fait face depuis quelques années à des difficultés majeures, notamment d’ordre sécuritaire et économique.

C’est donc à juste titre que nos concitoyens se tournent vers l’État et expriment alors des attentes, au nombre desquelles, la restauration de l’autorité de L’État sur l’ensemble du territoire.

Vos missions, Mesdames et Messieurs les Préfets, vous placent en premières lignes pour y répondre.

Dépositaires des pouvoirs de L’État, vous allez assurer la permanence de L’État et de l’action publique.

Appelés à animer les Préfectures, colonnes vertébrales de L’État, vous êtes désormais les garants de la permanence et de la continuité de L’État sur l’ensemble du territoire.

Je voudrais vous rappeler qu’en tant que Préfets, vous êtes dépositaires, dans vos circonscriptions respectives, des pouvoirs de L’État.

Vous êtes les représentants de chacun des Ministres, à l’exception des ministères dont la représentation est confiée à d’autres organes de L’État.

Il en est ainsi de tout ce qui relève du domaine du pouvoir judiciaire qui échappe légalement à toute délégation de pouvoir.

Préfets, vous devez veiller à l’exécution des lois, des règlements et des décisions gouvernementales.

Vous êtes responsables de l’ordre public, de la sécurité des personnes et des biens.

Comme vous le constatez, la loi vous confère le pouvoir de représenter les intérêts nationaux.

Appelés par la loi à assurer la tutelle des communes et de leur circonscription, vous devez vous conduire en dignes et loyaux serviteurs de L’État.

Ainsi, vous devez prôner la bonne gouvernance dans tous les domaines, et surtout dans le contrôle des activités des fonctionnaires de L’État dans vos préfectures respectives.

Outre ces pouvoirs spécifiques, votre rôle consiste non seulement à mettre en œuvre et expliquer les actions entreprises dans le cadre de la politique globale de l’État, mais aussi à permettre au gouvernement de les adapter en permanence afin qu’elles soient non seulement comprises mais acceptées par nos concitoyens.

Aussi, je veux ce matin vous dire ce que j’attends de chacun de vous dans le cadre de vos nouvelles missions.

D’abord ce que j’attends de vous c’est d’administrer le pays de manière efficace en assurant avant tout la sécurité de nos concitoyens sous toutes ses formes pour préserver la cohésion sociale et promouvoir une société apaisée.

En effet, comme vous le savez tous, le contexte que nous vivons place la mission de sécurité au centre de toutes nos actions.

Depuis la crise de 2013, notre peuple vit en insécurité.

Cette insécurité persiste en partie à cause de l’absence des représentants de L’État dans certaines parties du territoire national.

C’est pourquoi, je veux qu’avec votre retour dans les différentes préfectures du pays que les choses redeviennent normales.

Administrer le pays c’est d’abord assurer la sécurité de nos concitoyens pour préserver la cohésion sociale et promouvoir une société apaisée.

Aujourd’hui, dans trop d’endroits du territoire nos concitoyens ont peur, ils ont peur parce que des actes de violence se sont perpétrés, ils ont peur parce que des hommes en armes continuent de leur imposer leurs volontés sans que l’État puisse les protéger correctement, c’est la première mission de L’État, sa première justification.

Plus que jamais, nous devons renforcer la sécurité et protéger nos concitoyens et pour cela je veillerai avec le Premier Ministre et le Ministre de l’Administration du Territoire à ce que vous puissiez disposer d’un minimum de moyens nécessaires pour mettre en œuvre cette priorité.

Je vais aussi engager dans la limite de nos possibilités actuelles nos forces, policiers, gendarmes, militaires pour qu’elles soient à vos côtés dans l’exercice quotidien de vos missions.

Vous devez aussi, disposer de toutes les informations pour prendre les décisions nécessaires à la protection de nos concitoyens.

Dans ce cadre, vous devrez employer au mieux les services de la police et la gendarmerie de votre localité.

Faites aussi appel à la population et aux notables pour qu’ils vous aident dans la fourniture des renseignements nécessaires à la préservation de l’ordre public.

Mesdames et Messieurs les Préfets, toujours dans le domaine de la sécurité, je voudrais aussi évoquer les feux de brousse, et d’autre part sur la sécurité routière, en quelques mots.
Concernant les feux de brousse, je vous demande de lutter contre les feux de brousse qui détruisent notre faune et notre flore.
Vous devez de concert avec les techniciens des eaux et forêts de votre juridiction sensibiliser les populations sur la nécessité de protéger notre écosystème.
Je ne veux plus entendre parler des feux de brousse qui détruisent nos savanes et forêts ainsi que des drames qu’ils occasionnent parfois par l’incendie de certains de nos villages.
Pour ce qui concerne la sécurité routière, elle est vitale pour les usagers de la route.
Nous devons mettre un terme à l’anarchie qui s’observe sur nos routes nationales dans l’indifférence des forces de police et de gendarmerie.
Je vous recommande de rétablir l’ordre de ce côté et d’exiger des commissaires de police et commandants de compagnies ou brigades de gendarmerie la stricte observation des dispositions du Code la Route.
Par vos actions conjuguées avec celles des autorités compétentes vous devez restaurer peu à peu la discipline sur nos routes nationales.

J’en viens à présent à la deuxième fonction qui est au cœur de votre fonction et qui doit également vous mobiliser de manière intense dans vos responsabilités de chef de services territoriaux. Il s’agit d’aménager, d’administrer les territoires et de servir nos concitoyens avec l’objectif de moderniser et de transformer notre pays.
C’est à vous, préfets, représentant le gouvernement dans les Préfectures, qu’il appartient de mettre en œuvre les actions visant la restauration de l’autorité de L’État et veiller à ce qu’elles produisent leurs effets dans tous les territoires de la République.
Les différents programmes soutenus par la Banque Mondiale et l’Union Européenne doivent être conduits sans heurts avec vos appuis.
J’y tiens d’autant plus qu’ils nous permettront de réhabiliter les bâtiments des services publics et de créer les conditions d’une vie normale dans les préfectures où le programme est retenu.
Sensibilisez les populations sur le bien fondé de ces actions qui garantissent à très court terme la satisfaction de certains de leurs besoins essentiels.

Mesdames et Messieurs les Préfets, je vous demande aussi un regard particulier sur la situation de l’école.

Vous devez veiller pour que l’école reprenne dans votre préfecture.

Demandez aux parents d’élèves de soutenir les enseignants qui sont dépêchés auprès d’eux, les Directeurs d’écoles, de collèges, les proviseurs, professeurs et instituteurs pour qu’ils se sentent comme dans leurs propres communautés.

Faites des rapports sur la situation de l’école en rapport avec l’inspecteur d’académie pour permettre au gouvernement de prendre les mesures qui s’imposent.

La situation financière du pays reste encore difficile, mais nous devons tout faire pour remettre nos enfants et les enseignants sur le chemin des classes. Cela est très important pour l’avenir de notre jeunesse et de notre pays.
Je souhaite également que vous vous impliquiez très fortement dans la relance de notre agriculture.
Je m’emploierai avec le gouvernement à revoir le calendrier agricole, à envoyer dans les différents coins du pays le personnel agricole pour l’encadrement de nos paysans, nous nous battrons pour que des semences soient à nouveau redistribuées, mais je veux que vous suiviez de près tout cela, car l’agriculture est vitale pour notre pays.
Sur un autre sujet tout aussi important, il est essentiel que vous ayez des rapports clairs avec tous ceux qui interviennent dans vos zones de juridiction. Je veux parler de tous les acteurs de terrain, qu’il s’agisse des associations ou des ONG.
Je compte sur vous pour valoriser les initiatives qui permettent un mieux être de nos populations.

J’ai conscience que nous avons assisté ces dernières années à des situations où on ne sait pas qui fait quoi et qui s’occupe de quoi.

Les ONG qu’elles soient humanitaires ou autres doivent travailler sous l’autorité de L’État pour que tout marche avec sérieux et dans la transparence.

Vous serez aussi chargés de mettre en œuvre les dispositions des projets textes sur la déconcentration.

C’est pourquoi vous aurez un rôle managérial important.

Tenant compte de la situation actuelle du pays, je vous exhorte à l’écoute, à la concertation, au dialogue dans la mise en œuvre de la politique gouvernementale.

Nul n’ignore que l’institution préfectorale à laquelle vous appartenez désormais a été, à la faveur de la crise, bafouée, affaiblie. Les Préfets ont perdu toute leur autorité au profit des responsables des groupes armés.

J’entends vous redonner toute la place qui vous revient en nouant avec vous une relation basée sur la responsabilité, la confiance, la réactivité et l’inter action.

Je vous invite donc à une franche collaboration avec les Sous-Préfets, qui sont placés sous votre autorité directe.

Au Sous-Préfets, je voudrais rappeler que l’Ordonnance n°88.006 du 30 avril 1988 relative à l’organisation des Collectivités territoriales et des circonscriptions administratives stipule que vous représentez le Préfet dans votre circonscription. Vous ne devez communiquer avec les ministères que par l’intermédiaire des Préfets.

Je tiens à la bonne collaboration et au respect de la hiérarchie dans vos rapports réciproques.

Voilà, Mesdames et Messieurs les Préfets, les Sous-Préfets, ce que je voulais vous dire, il me fallait vous expliquer ma vision, vous tracer un chemin, un cap, celui où je veux emmener le pays parce que c’est ce que j’attends de vous sur le terrain.

Aussi, pour terminer, je tiens à vous remercier, je veux en effet saluer votre engagement au bénéfice de notre pays.

Vous avez tous accepté, hommes et femmes, administrateurs, officiers de l’armée à aller servir le pays sans crainte aux côtés des populations.

Je sais que ce qui vous anime est le sens du service public, ce qui est un des fondements de notre République, cette volonté́ de bien faire pour servir la République qui est la nôtre et servir chacune et chacun.

Je vous souhaite plein succès dans vos missions.

Sachez que je suis derrière vous, sachez qu’il y a un Président de la République prêt à accompagner celui ou celle qui prend des risques et ses responsabilités parce que notre pays en a besoin aujourd’hui et nous n’avons pas d’autres choix.

Je vous remercie.

 

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