La Cour Pénale Spéciale, encore un défi à relever par des africains comme les magistrats kenyans l’ont fait.

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Bangui, le 16 oct. 17

Qui va doucement va surement, dit un adage. Même si beaucoup pensent que la Centrafrique ne pourrait pas réussir avec sa CPS.Ce qui est certain, c’est que cette cour va faire son chemin avec l’appui de certaines bonnes volontés comme l’Union Africaine puisqu’il s’agit de l’une de ses prérogatives de faire réussir les initiatives de ses Etats membres.   

« L’Union Africaine pourrait aider la Cour Pénale Spéciale »: Même si c’est au conditionnel, ces mots sont de Toussaint Muntazini, le Procureur de la Cour Pénale Spéciale en Centrafrique, qui s’est ainsi exprimé lors d’un atelier de réflexion sur les moyens de fonctionnement de ladite cour tenu à Bangui du  25 au 27 septembre.

Ce disant, Muntazini a voulu couper court avec les multiples suspicions qui font état d’un projet qui serait mort-né à cause d’un problème crucial de manque d’argent vu que les caisses du trésor public centrafricain ne pourront jamais financer un tel et si important projet.

Ce sombre regard illustre la pleine volonté de ceux-là qui prient tous leurs idoles et autres dieux d’hallucination pour que l’impunité prenne pied de grue en Centrafrique. Mais la volonté et la détermination de tout Centrafricain de l’heure est  que l’impunité soit éradiquée du sphère nationale et que ceux qui ont commandité, commis ou aidé à commettre les abominables crimes d’entre 2012 et 2015 répondent de leurs actes même symboliquement devant cette cour.

Le procureur de la CPS, lui-même africain est de cet avis, c’est pourquoi son souhait est de tout faire pour d’obtenir non seulement l’appui de l’Union Africaine pour le Tribunal Pénale Spéciale centrafricain, mais aussi des autres partenaires dont la question de violation des droits de l’homme et des droits humains tienne à cœur.

Cette volonté doit être soutenue et partagée par tous les centrafricains et surtout les nouvelles autorités du pays pour qu’au besoin, des contributions (quêtes) spéciales, même symbolique soit demandées au peuple centrafricain qui serait vraiment disposé à le faire dans l’unique esprit de voire ses bourreaux être jugés. Ce serait un juste et droit chemin pour l’enclenchement du processus de vérité, justice, réparation et réconciliation prôné par les Centrafricains lors du forum de Bangui, consigné même en une recommandation.

L’appui de l’Union Africaine est indéfectible car la Cour Pénale Spéciale  est une juridiction africaine, une juridiction d’un pays membre de l’Union Africaine, un pays qui est en difficulté et qui doit être soutenu à l’exemple de la juridiction mise en place au Sénégal et qui a jugé Issène Habré, ex président du Tchad.

Pour la Centrafrique, ce n’est pas une première puisque un tribunal Centrafricain a eu déjà à juger son président, Jean-Bedel Bokassa avec les propres moyens de la Centrafrique, bien entendu, complété par des bonnes volontés. Mais la réalité aujourd’hui, n’est pas hélas celle d’hier car le pays a vécu une si grave crise jamais connue.

Pour finir, et puisque la lutte contre l’impunité est un principe de l’Union Africaine, « ça serait extraordinaire qu’elle puisse se joindre aux autres bailleurs de fonds qui sont extérieurs à l’Afrique pour que le projet de la Cour Pénale Spéciale centrafricaine réussisse et inspire d’autres projets pour la lutte contre l’impunité en Afrique.

Petit Jean Kombo

LPC,

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