Grande confusion ou guéguerre entre le PM Sarandji et le personnel du ministère de l’administration du territoire, de la décentralisation et de la régionalisation.

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Bangui, le 16 oct. 17

Le droit s’arrache mais pas dans le désordre car le désordre risque de retourner le droit contre soit car, couteau à double tranchant bien tranchant. Nos compatriotes du ministère de l’administration du territoire doivent le savoir pour mieux conduire leur légitime réclamation.

Depuis près d’un mois, aucun service du ministère de l’administration du territoire, de la décentralisation et de la régionalisation ne fonctionne. Tout est hermétiquement fermé pour ne pas dire barricadé. Et pour cause, la dernière nomination des Sous-préfet qui mécontente extrêmement l’ensemble du personnel, même ceux qui ne peuvent aucunement espérer un jour être nommé sous-préfet.

La grève du personnel de ce département relève d’une part la vieille pratique de nomination sur fond d’ethnisme, de clanisme, de connaissance amicale ou alliance de beau-frère dont  la Centrafrique ne cesse de souffrir, et d’autre part, la course effrénée aux postes lorsqu’il s’agit d’en pourvoir quelque part.

Alors dans la brouille entre les responsables du ministère de l’administration du territoire, de la décentralisation et de la régionalisation et le personnel de ce département, qui a raison et qui a tort ? Cette question a fait, fait et fera encore couler des salives, de l’encre pour ne pas dire dévorer des pages web.

De façon générale, cette affaire dégage deux tendances. Ceux qui soutiennent le personnel dudit département et pensent que leur grève est légitime et qu’il faille coute que coute leur trouver une solution rapide et satisfaisante, ceux qui pensent que la situation actuelle du pays, pratiquement sous l’emprise de mercenaires étrangers qui ne cessent de tuer, violer, piller et incendier allègrement les régions de l’arrière-pays  mérite une réponse adéquate qui ne peut être autre chose que le détachement déguisé de militaires qui pourront faire efficacement face à des situations d’extrême urgence de force qu’un civil ne pourrait résoudre.

Les deux penchants, disons-le, sont soutenables, déclare un élu du peuple, puisque la logique c’est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. C’est pourquoi, a-t-il ajouté, il pense pour sa part que le personnel du département de l’administration du territoire a raison.  Toutefois, le même député dont la circonscription est assiégée par des éléments de l’UPC d’Ali Daras qu’ils traitent véritable anthropophages assoiffés du sang, sollicite du personnel du ministère de l’administration du territoire, une certaine capacité d’analyse et de compréhension de la situation actuelle du pays pour revenir à la raison. Il a même évoqué le cas de plusieurs préfectures et sous-préfectures dont les préfets et sous-préfets, tous des civils, ont pris la poudre d’escampette dès l’incursion de ces malfrats dans leurs zone de juridiction, abandonnant leurs administrés voire même certains membres de leurs familles qui se sont débrouillés à les rejoindre. Depuis lors, tous sont resté à Bangui, ne travaillent pas et pourtant ils perçoivent régulièrement leurs salaires. Où est le sérieux a conclu l’honorable.

Un ressortissant de Bria à Bangui s’est vivement insurgé contre cette grève qu’il qualifie d’acte de personnes atteintes d’une frénésie de postes qu’ils sont incapables de défendre. Ces merdeux revendiquent les postes de préfet ou sous-préfet juste parce que là où ils sont affectés, ils ne touchent aucunement à leur salaire puisqu’ils se transforment curieusement en escrocs pour rançonner leurs administrés commerçants, éleveurs ou simplement les artisans miniers des zones où on exploite les mines. D’ailleurs ils exigent aux présidents des délégations spéciales, sous menace d’envoyer des rapports sur leurs activités afin de demander leur limogeage à l’administration centrale. Et ces autorités locales, puisqu’ils ne sont pas élus, se plient à leurs exigences. Voilà pourquoi ils s’enrichissent et ne veulent pas que d’autres occupent ces postes juteux. Mais qu’ils fassent le travail pour lequel ils sont nommés, s’est-il exclamé pour finir.

Loin de créer une plateforme de débats sur la véritable place et rôle des préfets et sous-préfets dans le pays, nous avons simplement voulu porter haut ce que pensent les compatriotes centrafricains sur les sous-préfets et préfets qui au lieu d’être des agents incitateurs au développement de leurs zones de juridiction, ils s’érigent en de véritables détrousseurs.

Ce qui est d’autant vrai, la situation actuelle du pays mérite de sérieuse analyse pour affecter des cadres à certains postes de sorte qu’ils tiennent le pari et ramener la paix, la sécurité dans nos régions investies par des criminels sans foi ni loi.

Bienvenu Andalla

LPC,

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