Centrafrique : Albert Mokpem-Yaloké fait le point sur l’agenda de la semaine du chef de l’Etat

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Bangui, le 14 sept. 19

Le ministre conseiller en Communication, Porte-parole de la Présidence, Albert Mokpem Yaloké

Le ministre conseiller en Communication, Porte-parole de la Présidence, Albert Mokpem Yaloké a conféré le samedi dernier avec la presse. Lors de cet échange concernant l’actualité de l’heure et l’agenda du Président de la République, le ministre-Conseiller a abordé entre autre, avec la presse: l’allégement de l’embargo sur les armes en destination de la Centrafrique ; la participation du Président Touadéra à côtés de ses pairs à la 5ème édition du Forum Investir en Afrique ; le Prix Spécial de Paix de la Fondation Issa Hayatou ; le déplacement de Bambari et la promesse de paiement des 3 mois d’arriéré de salaire.   

Concernant l’allègement de l’embargo sur les armes en destination de la RCA, le ministre-conseiller de préciser que les avions continuent d’arriver pour nous livrer des armes-là. Il y avait des conditions que j’avais précisé dans les précédentes notamment, l’identification de ces armes, l’identification des personnes auxquelles elles sont destinées, la traçabilité et le stockage dans des sites conformes aux normes internationales.

Cette levée partielle a commencé avec la livraison des armes russes mais, d’autres pays partenaires s’étaient engagés à suivre l’exemple de la Fédération de la Russie. Et, le Comité de sanction accorde cette autorisation. Avant, la Minusca était autorisée à avoir des armes létales. Les forces de sécurité intérieures que sont la police et la gendarmerie pouvaient être approvisionnées pour assurer la sécurité intérieure du pays.

Et aujourd’hui, cette Résolution permet de doter nos forces armées nationales de certaines armes qui sont décrites dans la Résolution et, il a un ou deux exemplaires ici que la presse peut avoir, qu’elle peut aller imprimer sur Internet.

Ceci étant, franchement aujourd’hui, il y a une très bonne avancée. Qu’est-ce que le Comité des sanctions ou le Conseil des Nations unies a retenu puisque c’est à l’unanimité qu’ils ont voté cette Résolution. Ils ont retenu que le Président de la République et son gouvernement ont fait des efforts très importants en ce qui concerne la formation de nos FACA.

En ce qui concerne l’identification de nos soldats, en ce qui concerne les structures de stockage des armes, ce qui est une avancée très importante, il y a un groupe d’experts qui était venu le mois juin dernier qui a fait le tour du pays pour constater les faits. Il y a une avancée très très importante en ce qui concerne la reconstruction de notre armée nationale. Et, c’est cette avancée qui a permis justement la levée partielle de cet embargo.

Il a avancé le chiffre de 3.000 de nos soldats qui ont été formés aussi bien par l’EUTM que par les instructeurs Russes. Et, leur équipement a été fourni à hauteur de 1.200 ou 1.300 hommes. Aujourd’hui, on peut aller beaucoup plus vite que cela. Aujourd’hui, on peut assurer d’une certaine manière, notre défense. Donc, le gouvernement, une fois informé de cet état de chose, va prendre toutes les dispositions nécessaires pour que nos forces armées soient dotées d’équipement.

Qu’est-ce que cela peut changer ? Ce qui change est que la volonté du chef de l’Etat de passer d’une armée de projection à une armée de garnison va se réaliser. Progressivement, y a un certain nombre de nos soldats qui sont déployés sur les zones de défense. Là maintenant, cela va nous donner une buée d’oxygène pour permettre à nos soldats d’être effectifs sur le terrain. Le redéploiement va s’intensifier pour pouvoir assurer la sécurité de notre pays aux côtés de nos partenaires de la Minusca. C’est vraiment une information que le gouvernement a accueilli avec satisfaction mais, la levée totale de cet embargo est l’objectif poursuivi.

Quand à ce qui concerne la visite du Président de la République à Bambari dont certains disent que c’est pour négocier un éventuel transfert d’Ali Darass à Bria pour permettre la tenue de la prochaine JMA, le ministre-conseiller de préciser que, tout le monde sait très bien ce que représente Bambari dans la politique du Président de la République. Bambari était déclarée il y a quelques mois, « ville sans armes ». Il voulait faire de Bambari une ville sans armes c’est-à-dire que seules, pouvaient circuler avec les armes, les forces régulières. Il n’était pas question que d’autres personnes circulent avec des armes. Cette situation a duré un moment et, il y a un certain nombre de groupes armés qui ont voulu faire de Bambari, leur fief. Ce qui n’était pas du goût du gouvernement. Les choses ont été faites pour pouvoir ramener Bambari dans les normes. Il y a eu des personnes qui n’ont pas voulu respecter les consignes qui ont été données. Alors, les FACA ont été déployées sur le terrain pour sécuriser les lieux.

L’année dernière, la JMA devait se tenir à Bambari ce qui a rencontré l’opposition d’un certain nombre de groupes armés qui ont fait que la JMA n’a pas eu lieu. Aujourd’hui, la détermination du gouvernement et du Président de la République est totale. Cette détermination est totale pour dire que Bambari fait partie de la République. Bambari n’appartient à personne d’autre qu’à la République. L’autorité de l’Etat doit s’effectuer à Bambari et, c’est un combat. C’est un combat parce que, quand le Président Touadéra est élu, l’objectif pour lui c’est de récupérer toutes les parties du territoire qui ont été confisquées par les groupes armés.

Compte tenu de la situation de nos forces armées nationales, cet objectif militairement n’était pas possible. C’est pourquoi il a prôné le dialogue et en même temps, le temps de se donner les moyens pour reconstruire l’armée nationale pour en faire une armée républicaine capable de défendre l’étendue du territoire national. Un certain nombre d’observateurs le savent. Un certain nombre de groupes armés le savent aussi. Le Président de la République a prôné le retour de la paix par le dialogue. C’est ce qu’il a fait. On est arrivé à l’Accord de Paix du 6 février 2019.

C’est Accord, ce n’est pas une fin en soi, c’est la mise en œuvre de cet accord qui le rendra fiable. Nous y croyons. Voilà pourquoi, le Président de la République, en faisant le déplacement dernier de Bambari, veut dire que l’Etat, doit reprendre sa place sur toute l’étendue du territoire. En allant à Bambari, le Président de la République voulait signifier aux Centrafricains que nous avons des projets à travers le RCPCA qui n’ont pas pu être mis en œuvre à cause des groupes armés. Nous avons signé des accords qui demandent aux uns et aux autres de respecter les termes des accords et de respecter leurs engagements.

Voilà pourquoi, tous ces projets qui ont été retardés n’ont pas pu être mis en œuvre. Le Président de la République est parti les relancer. Et surtout, en revenant de Brazzaville. L’idée à Brazzaville c’est quoi ? L’idée du Forum qui a pour titre, investir en Afrique qui est à sa 5ème édition, a vu la première participation du Président de la République. Il a été invité pour voir comment cela se passe. Invité pour voir comment faire financer les projets centrafricains par tous les partenaires qui sont dans ce Forum. Il est organisé par le ministère Chinois, la Banque chinoise de développement et par la Banque mondiale. A chaque fois, les pays qui font partie de ce Forum sont sollicités pour pouvoir l’organiser sur leur territoire.

Ce Forum  a mis particulièrement l’accent sur la révolution numérique, l’emploi des jeunes qui peuvent être financés par la Banque mondiale. Et, Bambari n’est que la continuité du Forum de Brazzaville. La jeunesse qui a perdu ses repères, doit avoir une qualification qui puisse lui ouvrir le chemin du travail. C’est pourquoi, dès son retour de Brazzaville, le chef de l’Etat s’est rendu à Bambari pour relancer un certain nombre de projets.

Aussi, il faut toujours faire la politique de la main tendue. Dialoguer avec tout le monde comme au Cameroun, au Rwanda, au Venezuela, en Colombie etc.

Pour le Prix Spécial de la Paix, le Porte-Parole de la Présidence a déclaré que Président de la République fait un travail qui est remarqué par nos partenaires pour le retour de la paix en RCA. Il pouvait se refermer sur lui-même. Mais, il a préféré a parlé avec tous les Centrafricains mêmes ceux qui ne portent pas les armes. Conformément aux Résolutions du Forum de Bangui et de la Constitution du 30 mars 2016. Arrive alors l’Accord de paix de Khartoum dont la Fondation Issa Hayatou qui vient de lui décerner le Prix spécial de paix après ses multiples offensives pour la paix faisait partie. C’est à nous de lever toutes les embûches pour faire de l’accord, un instrument de paix. C’est ce travail qui a été couronné par ce prix.

Nous avons bataillé fort pour que le chef de l’Etat puisse accepter ce prix. Nous avons reporté par trois fois cette cérémonie que nous pouvons faire en privé. Il a dédié ce prix au peuple centrafricain parce que ce n’est pas le fruit du travail d’un seul homme mais, de tous les Centrafricains et même de la communauté internationale.

Concernant la promesse de versement des trois mois d’arriéré de salaire, le ministre conseiller en communication de s’insurger pour dire que, trois mois d’arriéré de salaire correspondent à quoi ? Nous avons connu jusqu’à une trentaine d’arriéré de salaire dans ce pays. Le Président de la République, quand il était Premier ministre, a mis comme point d’honneur le règlement mensuel des salaires. Et l’autre point d’honneur, le versement des arriérés de salaire lui a valu le sobriquet de deux sims. C’est parce qu’il sait que le pays a connu beaucoup de crise et que, pour certaines familles, la fin du mois est très difficile et, malgré le cumul d’une trentaine de mois de salaire connu, le Centrafricain se rendait au travail. Il mettait un point d’honneur a épongé les arriérés de salaires que d’autres Premiers ministres avaient accumulés. Aujourd’hui, le Président de la République a donné des instructions fermes au gouvernement pour honorer le salaire des Centrafricains.

Dans les discussions avec les partenaires, les arriérés de salaires, de pensions et bourses reviennent comme charge de l’Etat. Cela n’est pas de son fait mais, c’est la continuité de l’Etat. Le Président a commencé par les arriérés les plus proches pour les évacuer progressivement. Ce sont les arriérés de 2002 qui vont être payés très bientôt avec l’aide des partenaires. Un premier mois en Septembre, un 2ème mois fin Octobre ou début Novembre et un 3ème mois, avant les fêtes de fin d’année. Ce qui veut dire que pour les fêtes de fin d’année, il y aura un salaire et un mois d’arriéré…

@Hervé BINAH,  

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