Centrafrique : Le Président Faustin-Archange Touadéra élevé par le CAMES à la dignité de Grand-Croix dans l’ordre international des Palmes Académiques

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Le rideau vient de tomber la 41e Session des Comités Consultatifs Interafricains du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) tenue du 8 au 17 juillet 2019 à Bangui. A cette occasion, le président Faustin-Archange Touadéra a été élevé à la dignité de Grand-Croix dans l’ordre international des Palmes Académiques du CAMES. In-extenso, l’intégralité du discours du président Touadéra suite à son élévation internationale.

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT

A L’OCCASION DE SON ELEVATION A LA DIGNITE DE GRAND-CROIX DANS L’ORDRE INTERNATIONAL DES PALMES ACADEMIQUES DU CAMES
BANGUI, 17 JUILLET 2019

Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
Mesdames et Messieurs les Ministres ;
Honorables Députés ;
Monsieur le Secrétaire Général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur ;
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations internationales ;
Monsieur le Président du Conseil Consultatif Général ;
Messieurs, les Recteurs et Présidents des Universités Africaines membres du CAMES ;
Madame et Messieurs les membres du Conseil de l’Ordre,
Eminentes personnalités du monde universitaire ;
Honorables invités en vos rangs, grades et qualités ;
Ø Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis de l’honneur fait à la République Centrafricaine, d’accueillir ces derniers jours les travaux de la 41ème session des Comités Consultatifs Interafricains du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur, CAMES.
Je me réjouis aussi de l’honneur que vous me faites d’être promu à la Dignité de Grand-Croix dans l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES.
Un grand honneur que je reçois avec reconnaissance et déférence.
Mesdames et Messieurs ;
Depuis quelques jours, Bangui a eu le plaisir de servir de porte-étendard des valeurs intrinsèques du CAMES, ce colloque africain qui, par sa prestance et sa vocation, contribue depuis plus d’un demi-siècle au rayonnement de la science et à la réhabilitation culturelle et artistique de nos peuples.
Au-delà de ce rôle privilégié de porte-étendard, fait à l’Université de Bangui, je prends la mesure emblématique et fraternelle de votre séjour en terre centrafricaine.
Je mesure aussi avec pondération l’honneur et la responsabilité qui sont attachés à cette prestigieuse distinction que me vaut la Dignité de Grand-Croix dans l’Ordre International des Palmes Académiques du CAMES.
En mon nom propre, et au nom du peuple centrafricain, je vous exprime toute ma gratitude.
Ø Monsieur le Président,
Ø Madame et Messieurs les membres du Conseil de l’Ordre,
En cette heureuse et solennelle circonstance, je tiens à montrer que je comprends bien l’appel au sens de responsabilité que revêt cette attribution, laquelle m’oblige à m’adresser à votre auguste collège, pour vous dire ceci :
L’histoire des deux dernières décennies de la République Centrafricaine a été rythmée par la récurrence de crises militaro-politiques.
Ces crises ont entraîné la déliquescence des institutions, y compris les moyens de défense et de sécurité, provoqué la décadence des fondamentaux de l’économie, contraint de nombreux citoyens et expatriés (femmes et enfants), à l’exil et au péril, à la précarité et à la pauvreté, avec comme corolaire, un sérieux recul de l’Indice du Développement Humain.
C’est pourquoi, depuis le retour à la légitimité politique, nous avons fait de la sécurité la priorité n°1 dans le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix.
Nos efforts dans ce sens, soutenus par la Commission de l’Union Africaine et l’ensemble de la Communauté internationale, ont permis à mon Gouvernement de parvenir le 6 février dernier à la signature d’un Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation avec les groupes armés.
Un Accord qui, malgré une prospérité manifeste dans sa mise en œuvre, suscite néanmoins quelques controverses dont on aurait pu se dispenser.
Mais, je pense qu’il y a lieu de considérer ces développements contradictoires avec philosophie, et pour cause. Elles sont d’abord un signe encourageant de l’exercice délicat des contre-pouvoirs, qui s’emploient à influencer notre expression réelle de l’indépendance et de séparation des pouvoirs.
Il va s’en dire que mon attention avait été retenue par l’une des analyses remarquables qui ont été faites durant la séance inaugurale de cette session des CCI, qui se tenait à la Représentation nationale.
Un des membres du Conseil de l’Ordre nous avait alors entretenus sur l’importance des lois au sens large et en particulier le rôle des comportements.
Il faisait ainsi référence à un des grands auteurs de la philosophie politique (Montesquieu) lequel a aussi affirmé, je cite « Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste », fin de citation.
Je voudrais vous assurer qu’avec les engagements issus de l’Accord Politique de Paix et de Réconciliation, nous avons franchi une étape importante vers la paix. Cette paix qui est une création sociale dont la culture s’impose à tous les peuples, sans exclusivité.
Cette paix qui conditionne le développement durable, la sauvegarde des ressources, la protection de l’environnement et donc la survie de l’humanité.
Ø Mesdames et Messieurs ;
Si la reconstruction des forces nationales de défense et de sécurité est aujourd’hui un objet de fierté pour le peuple, nous sommes persuadés qu’un autre sentier qui indique l’étoile de la paix, procède par le pouvoir de la nature humaine, dont un témoignage élogieux est rendu par l’héritage historique et culturel du continent noir.
Cet autre sentier est celui de l’éducation et de la formation, de la recherche scientifique, de la production du savoir et des connaissances.
C’est ce sentier dont le Président Mandela disait : « l’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».
En effet, mon gouvernement est instruit et travaille actuellement aux fins d’élaborer un programme ambitieux de Développement du Capital Humain, avec le soutien de la Banque Mondiale.

Cet important programme inclut en particulier, la nécessité et l’urgence de promouvoir un système d’éducation, de formation et de recherche qui soit à la fois solide, holistique, équitable et de qualité ; mais également des structures de santé accessibles aux segments les plus vulnérables de la population.

Dans ce sens et à titre principal, je voudrais saluer le programme d’Agrégation du CAMES, grâce auquel l’Université de Bangui a pu enregistrer des résultats exceptionnels durant l’édition de novembre 2018.
Ø Eminentes personnalités du monde universitaire,
Je saisis l’occasion de mon attribution pour réaffirmer ma conviction, qui est aussi celle de la République Centrafricaine, dans le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur.

Nous sommes conscients de nos obligations statutaires dont le respect contribuera à permettre au CAMES de rester cette Institution Panafricaine, capable d’instaurer une coopération culturelle et scientifique efficace et permanente entre les 19 États membres.

Croyez-moi, mes efforts tendront toujours au rayonnement de la science, de la culture et de l’art, ces précieuses richesses de l’humanité.
En terminant mon propos, j’adresse mes vives félicitations aux différents membres des Comités Techniques Spécialisés qui, durant ce temps passé à Bangui, ont assidûment examiné avec rigueur et sérieux les différents dossiers présentés par les enseignants chercheurs de l’espace CAMES, pour leur avancement en grade.

Je souhaite à vous tous un bon retour dans vos pays respectifs.
Merci encore aux membres du Conseil de l’Ordre International des Palmes Académiques.
Vive le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur.
Vive la République Centrafricaine.
Je vous remercie de votre aimable attention.

 

 

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