Centrafrique : L’Accord de paix devient la vache à lait des facilitateurs, des garants et des institutions nationales

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Bangui, le 27 juin 19

« Là où règne la guerre, le bonheur s’installe pour certains» ou encore « le malheur des uns, fait le bonheur des autres ». Ce sont ces deux dictons qui sont en actualité en Centrafrique après la signature de l’Accord de paix avec les groupes armés depuis le 06 février 2019. Et pour cause !

Ce n’est pas la première fois que nous assistons à de tels actes mafieux qui font son bonhomme de chemin depuis que la crise a déclenché dans le pays en 2013. De la vulgarisation de l’Accord de Brazzaville en passant par le Forum de Bangui ; de la Consultation populaire à la base ; et de l’Accord de paix de Khartoum à ce jour, c’est du business qui bat son plein au profit de ceux-là qui jouent aux sapeurs-pompiers.

Il vous souviendra que tous ces foras n’ont donné aucun résultat satisfaisant pour la quiétude du peuple centrafricain. Le mot « VULGARISATION » un gagne-pain de tout le monde. Les ONGs Internationales pour intervenir dans les domaines humanitaires, baignent pleinement en premier lieu, dans ce business, en escroquant les bailleurs de fonds pour les financements qui leur sont octroyés n’atteignent pas les ayants-droits, disant les victimes qui souffrent encore dans le pays.

Tout le monde sait de quoi nous évoquons dans ce présent article de presse. Les gens bouffent à travers les ateliers de formation, de renforcement de capacités et que sais-je encore ? Il suffit de monter un projet avec les termes de référence au nom d’un évènement qui est d’actualité, c’est parti ! Vous êtes gâté et le financement ne tarde à venir de la part des institutions internationales qui s’installent dans le pays pour la résolution de la crise. Autrement dit, si vous vous entendez avec quelque de ces institutions (Union Africaine, CEEAC, MINUSCA, Union Européenne, Ambassade de la France, Ambassade des USA), votre projet va être financé du moment où vous lui garantissez sa part du gâteau.

Voilà encore avec l’Accord politique de paix et de la réconciliation signé avec les groupes armés, ces mêmes partenaires qui sont appelés : garants et facilitateurs, continuent avec ce même jeu, car leur objectif n’est pas celui de faire pacifier le pays, mais de prolonger la crise.

C’est ainsi qu’après la signature dudit Accord, les langages ont changé et tout le monde bondisse sur la question de sa vulgarisation. Des ONGS nationales et autres profito-situationnistes de cette situation, c’est le « mangement ». Avant même le lancement officiel de la vulgarisation de cet Accord, plusieurs ateliers-séminaires ont été déjà organisés. Ces ateliers ont été lancés à l’endroit des professionnels de médias, les députés, les maires, les bouchers, les transporteurs, les commerçants, les professionnels(les) de sexe, les religieux, les chefs du quartier, les préfets, les sous-préfets, les moto-taximan, ex-combattants…juste pour bouffer, pour s’enrichir…

En Centrafrique, c’est la seule stratégie qu’il vous faut pour manger. Il suffit de soumettre un projet concernant la vulgarisation de l’Accord de paix, ça marche, le marché est conclu et vous êtes sauvé ! A titre d’exemple, si le budget de votre projet est estimé à 500.000 milles, vous sacrifiez 1 millions à quelqu’un de la MINUSCA, CEEAC, UA…vous avez l’argent en main et votre atelier ait lieu rapidement. L’essentiel est que vous offrez des pattes de poulets aux participants et une miette de 1000FCFA par chacun comme frais de transport pour les deux jours d’atelier, votre rapport d’activité est garanti et ainsi va la vie.

Pour en finir, soulignons en un seul exemple que ce même projet de vulgarisation fait l’objet de plusieurs ateliers organisés à l’endroit des professionnels de médias en espace de deux mois dont les initiateurs sont entre autres : l’Association des femmes professionnelles de la communication ; le Consortium des médias centrafricains ; l’Association des blogueurs centrafricains ; le Haut conseil de la communication ; et bientôt peut-être le GEPPIC ; l’Union des journalistes centrafricains ; le Réseau des médias de Centrafrique, etc.

Les moyens qui devaient être donnés aux organes de presse (Presse en ligne, presse écrite, Radios et télévisions) ont pris une autre destination et que ce sont les garants et les facilitateurs dudit Accord, sans oublier les institutions fictives qui bénéficient de ces fonds destinés pour une cause précise, notamment le retour de la paix en Centrafrique. C’est dommage ! Mais pour les autres, pourvu qu’on mange, on s’enrichit sur le dos des victimes. Bonjour le dégât alors!

@Hervé Binha

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