Centrafrique : Quand Meckassoua, la France et l’UA se sacrifient auprès des chefs rebelles en vue d’obtenir les têtes de Touadéra et de son PM Ngrébada

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Bangui, le 20 mars 19

Qu’est-ce qu’il y’a donc effectivement avec les 11 chefs rebelles qui réclament le départ du Premier Ministre Firmin Ngrébada de la Primature ? La réunion d’Addis-Abeba concernait l’évaluation de la mise en application, de l’Accord de paix signé ou la discussion sur le fauteuil du patron de la tour de Petroca ?

En tout cas, tout le monde s’attendait à ce qui devait arriver à Addis-Abeba. Certains chefs rebelles (Alkatim, Ali Darassa, Abdoulaye Miskine, Deya, Armel Sayo, Belanga) qui ont contesté le gouvernement mis en place, bien que leurs représentants en font partie, se sont permis de réclamer la place du premier ministre Firmin Ngrébada qui est d’ailleurs nommé par la discrétion du Chef de l’Etat Faustin-Archange Touadéra sur la base de la Constitution.

Ces chefs terroristes dans un premier temps, réclamaient certains postes stratégiques au sein du gouvernement. Ces ingrédients qui sont des véritables ennemis du peuple centrafricain visent la Défense, les Finances, la Sécurité publique, le Commerce, les Affaire Etrangères et un poste utopique du vice-PM. Que cache réellement la sollicitation de ces départements ministériels qui sont gérés actuellement par les compétents en la matière ? Ces rebelles veulent se positionner là où le miel coule en vue de renforcer leurs capacités de nuisance sur le terrain ? Qui est dupe de céder des postes aussi décisifs pour l’intérêt suprême de la nation à ces barbares qui ont toujours la main facile à la gâchette ?

A suivre de près ce qui se passe à Addis-Abeba, il s’avère que l’Union Africaine (UA) qui se dit facilitatrice n’a pas joué franc-jeu. Se montrant très soucieuse de la situation politique de la RCA, alors que l’UA quelque part, est toujours apte à offrir des plats dorés aux chefs rebelles qui, de leur côté, en font la même chose au retour.

Selon certaines informations de source sûre qui nous sont parvenues d’Addis-Abeba en Ethiopie, font état de ce que le président de la commission de l’UA Moussa Faky Mahamat et le commissaire à la paix Ismaël Shergui n’appréciaient pas la nomination du PM Ngrébada à la tête de la Primature. Cette opposition faisait suite à la tournée du président français Emmanuel Macron qui, lors de sa tournée récemment dans la sous-région a eu à rencontrer le président de la commission de l’UA et son commissaire à la paix, le 13 mars 2019 à Addis-Abeba. Les conclusions de leur rencontre étaient claires : instrumentaliser les chefs rebelles pour nuire au régime du président Touadéra qui s’oppose constamment aux injonctions de la France et ses alliés.

L’on se rappelle que Macron avait battu une farouche campagne pour obtenir la déstabilisation de la RCA qui avance très bien dans ses relations avec la Russie et la Chine. Voilà qu’après le retour de Macron dans son pays, les autorités de l’UA mettent en pratique ses directives. C’est ainsi qu’après la signature de l’Accord de paix, l’UA misait sur une personnalité issue des groupes armés qui sont hostiles au pouvoir de Bangui, notamment le MPC, les 3R, les RJ, FDPC, le MLCJ…qui malheureusement leur appétence, n’était pris en compte par le pouvoir de Bangui qui est très vigilent et défend toujours son peuple.

Sur des faits qui nous sont transmis depuis Addis-Abeba, Armel Sayo qui est patron de l’autre RJ se met au service de Djono Ahaba qui jure au nom de tous les dieux, qu’il deviendra Premier ministre soit le vice. C’est ainsi que celui-ci, avec une partie de fonds volés au Département de l’Hydraulique, a mis à la disposition de certains chefs rebelles par le biais d’Armel Sayo, un paquet de 40 millions de FCFA. Cette somme est destinée à sacrifier la tête du PM Ngrébada.

Abdou Karim Meckassoua, avec le soutien de la France de Macron, a tablé 100 millions de FCFA aux chefs rebelles (Ali Darassa de l’UPC, Abdoulaye Miskine du FDPC et Ahmat Sidiki des 3R) pour que ces derniers réclament ipso facto, le départ de Ngrébada de la Primature. Meckassoua, aux dires de ses proches qui se sont confiés à lepotentielcentrafricain.com en ces termes : «…le vrai combat politique ne fait que commencer avec le régime de Touadéra qui l’a chassé du perchoir de l’Assemblée Nationale…il est temps pour nous de coincer Touadéra pour que son mandat échoue… ».

Cette déclaration confirme bel et bien les propos d’Emmanuel Macron qui, lors de sa tournée dans la sous-région, a conclu ceci avec le président de l’UA et le président tchadien Idriss Deby : « Si Touadéra refuse de céder la Primature à un chef rebelle, il faut le faire partir par tous les moyens possibles… ». Faire partir du pouvoir ! Un président élu démocratiquement, qui n’a pas encore achevé son mandat et qui est autorisé par la Constitution à choisir discrétionnairement son premier ministre? Sommes-nous dans un régime de Transition ? A quoi jouent la France et ses alliés qui veulent déstabiliser toujours la RCA afin de laisser le champ libre aux terroristes qui tuent, pillent, violent et volent aisément sur territoire centrafricain?

Ce qui est aberrant dans cette histoire qui énerve tous les observateurs de la vie politique, certains leaders politiques de l’opposition et ceux de la société civile ont profité de l’opportunité pour entrer dans la danse. Ces derniers qui n’ont pas aimé la présence de Ngrébada à la Primature, s’associent avec les groupes armés en vue de tirer le drap de leur côté. En clair, la classe politique de l’opposition entend proposer à ces chefs rebelles, l’un des leurs afin qu’il soit nommé en lieu et place de Ngrébada. Vont-ils obtenir gain de cause avec la ferme prise de position du peuple centrafricain qui n’est pas pour la démission de Ngrébada ?     

Aux dernières nouvelles et au moment où se tiennent les discussions dans l’une des salles du siège de l’UA, un certain Abakar Sabone qui est de l’ethnie salamat du Tchad, a brandi sur les réseaux sociaux qu’il exige la présence du président Touadéra à la de cette rencontre. Pour qui ce quidam ce prend pour réclamer cette présence du Chef de l’Etat ? Est-ce c’est la bande à Moussa Faky Mahamat, Ismael Shergui…qui lui a sifflé cette consigne en vue de faire coincer le numéro un centrafricain, a accepté les injonctions données par le président français ? L’échec est déjà évident et les criminels qui sont soutenus par Meckassoua, la France et l’UA sauront de quel sort leur réservera le peuple centrafricain.

Le moins que l’on puisse dire, la position de Bangui est claire. Il y’a toujours un temps pour tout. On ne peut pas s’amuser avec la vie d’une Nation avec ceux-là qui doivent se retrouver derrière la barre. Au finish, le régime de Bangui décide de ce qui suit : « si les rebelles-caciques maintiennent leur position pour le départ du PM Ngrébada, le dialogue sera rompu définitivement et une autre option sera envisageable».

@Herman THEMONA, 

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