Centrafrique : le voile est levé sur l’incident survenu au siège de l’ANECA

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Bangui, le 10 mars 19

L’Association estudiantine,  ANECA, entendez, Association Nationale des Etudiants Centrafricain, a connu un désagrément au moment où elle prépare l’élection des nouveaux membres de son bureau. L’acte a été suivi de cas de dommages enregistrés au siège de l’ANECA dont les auteurs sont certains étudiants prétendants candidats à des postes pour cette élection. L’actuel président de l’ANECA  Junior Gonéndji a organisé à cet effet, le 07 mars 2019, une conférence de presse y relative. Nous vous publions l’intégralité de son propos liminaire.

 PROPOS LIMINAIRES À LA CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DE L’ANECA, JUNIOR GONÉNDJI, SUR LES GRAVES DÉGRADATIONS ET SACCAGES DONT A ÉTÉ VICTIME LE SIÈGE NATIONAL DE L’ANECA

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

Chers Etudiantes et Etudiants,

Très Chers invités,

Auguste assemblée,

Tout d’abord qu’il me soit permis de vous souhaiter  la bienvenue dans nos locaux pour prendre part à cette conférence de presse.

 

D’évidence, nous aurions souhaité vous accueillir dans de meilleures circonstances, mais victimes de la manifeste inconsistance de certaines âmes égarées, c’est la mort dans l’âme que nous nous voyons dans l’obligation de vous recevoir sous des auspices de si mauvais augures.

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

Je n’ai pas pour habitude de tourner autour du pot surtout quand il s’agit de sujets d’importance névralgique comme celui qui nous préoccupe présentement. Aussi pour entrer dans le vif du sujet, je préfère planter ipso facto le décor afin que chacun sache de quoi il en retourne précisément.

En effet, conformément à la lettre et à l’esprit des textes juridiques fondamentaux de l’ANECA que sont les statuts et le règlement intérieur, face à une délicate situation d’impasse j’ai fait un communiqué radio, demandant aux étudiants centrafricains qui prétendent briguer la présidence de l’ANECA de venir  s’inscrire dans une liste ouverte au département du VP  qui au final a enregistré 20 étudiants , le 23 FEVRIER , nous avons tenu une réunion  avec les 20 prétendants candidats et  nous avons pris soin  d’informer ces derniers  de leur passage pour devenir définitivement  candidats conformément à l’article 36 al 5 des statuts  ou nous avons même affiché 48h dans tous les coins de l’université  pour informer le public estudiantin de l’ordre du jour , cet article stipule : « pour le présidium il faut être au moins en 3 année ou 5annéee de médecine et justifié d’une expérience associative estudiantine ».

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

A la lumière de cet article une   vérification des fiches d’inscriptions est faite et 13 prétendants  sont inéligibles pour le présidium et peuvent occuper d’autres postes selon le texte, Mais pour ne pas tirer trop en longueur sur les explications et aller droit aux incidents extrêmement graves qui se sont déroulés sur le campus universitaire, sachez que dans la nuit  du 25 au 26 vers 4h  du matin, une horde sans distinction d’intrus et d’étudiants recalés par la rigueur des textes statutaires  et intoxiqués à outrance par une propagande mensongère, haineuse et honteuse, œuvre des prétendants  candidats tapis dans l’ombre et dont l’inscription  avait pourtant était retenu, ont déboulé en désordre comme des furies sur le campus universitaire. Ces jeunes gens manipulés à souhait, ont littéralement saccagé le siège national de l’ANECA dont mon propre bureau qui a été réduit quasiment à néant, pour ne pas dire en miette.

Avertis dès les débuts de ces violences inacceptables que je qualifierai d’urbaines, j’ai très vite pris attache avec les autorités rectorales qui se sont chargées de saisir les autorités judiciaires compétentes pour constater les dégâts et procéder à une enquête qui a très vite abouti par un aveu de la part de ses auteurs connus et qui ont demandé pardon aux autorités rectorale.

Il ressort que les jeunes étudiants qui ont fait preuve de barbarie à l’égard des locaux de l’ANECA ont en réalité été manipulés et intoxiqués via une propagande fallacieuse d’un certain  nombre des  prétendants candidats retenus pour la présidence de l’ANECA. Aussi, je dois souligner ici devant vous le sentiment d’indignité que j’éprouve à l’encontre du comportement inqualifiable d’une personnalité  l’Université, auteur intellectuel de ce coup de force abject contre le siège national de l’ANECA pour des intérêts que j’ignore contre les  biens communs  de tous les étudiants centrafricains.

Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

Alors que le pays a retenu son souffle avec espoir lors de la séquence des pourparlers de Khartoum pour le retour de la paix en Centrafrique, voilà que des  énergumènes censés être éclairés, du fait de leur qualité d’étudiant, viennent littéralement jeter le feu, le trouble, le désordre et attiser la haine et la division dans la communauté estudiantine centrafricaine. Et ce qui à mon sens est encore plus effroyable, plus insupportable, plus impardonnable est le fait que ces étudiants, XXX, commanditaires de cette barbarie soit soutenu dans leur œuvre diabolique de destruction du patrimoine des étudiants centrafricains par un responsable  que je respect et dont je tais le nom, qui les téléguide et le pilote à distance au nom d’une solidarité que nous allons découvrir plus tard une fois l’enquête policière prendra fin. C’est tout simplement déplorable.

La haine, le tribalisme, le désordre et la violence n’ont pas leur place au sein du campus universitaire. Nous devons extirper ces maux de notre environnement, de nos comportements, voire même de notre vocabulaire. Voilà pourquoi, au nom du Bureau de l’ANECA, je condamne avec la dernière rigueur ces violences et invite l’ensemble des responsables académiques, du corps professoral, du personnel administratif du rectorat et bien sûr de tous les étudiants centrafricains à sanctionner le plus sévèrement  cette attitude indigne de personnes manifestement réfractaires à toute trace de civisme et de culture de civilisation.

Bien que les auteurs et complices de ces débordements inacceptables aient fait amende honorable devant les autorités rectorales, reconnu à la fois leur faute et le fait d’avoir été manipulé, nous leur demandons expressément de réparer dans un délai très court les dégâts et dommages qu’ils ont occasionné par le saccage et la destruction du local des étudiants.

 Mesdames et Messieurs les professionnels des médias,

Après des tentatives avortées du monde politique de vouloir saborder en vain le bien commun des étudiants centrafricains qu’est l’ANECA à travers des attaques médiatiquement ciblées  qui au final ont eu pour leur grade, le Bureau de l’ANECA réitère ses propos en affirmant qu’il n’acceptera jamais que des personnalités morales, fussent-elles du corps professoral, puissent s’appuyer sur des candidats  pour propager la haine, créer la division, jeter du trouble, faire du désordre et ventiler des diffamations contre l’ANECA au nom d’une funeste solidarité d’obédience tribaliste et ethniciste. L’ANECA appartient à tous les étudiants, il n’est la propriété d’aucun groupe, d’aucune ethnie, d’aucune tribu ni d’aucune race. Ces considérations déshonorantes n’ont pas leur place dans la communauté estudiantine. Et quiconque s’en fait le porte-voix se discrédite et ne mérite que la sanction, au moins morale.

Je le répète, nous condamnons avec la plus grande fermeté ces abominables actes d’horreur et demandons solennellement aux auteurs, co-auteurs, complices et commanditaires intellectuels de cette tentative de putsch paramilitaire contre le siège de l’ANECA de confesser leur faute, de réparer ce qu’ils ont détruit et de présenter publiquement leurs plus plates excuses aux étudiants centrafricains pour tout le mal infligé à notre patrimoine commun.

Je serai tout simplement intraitable sur ces points-ci car c’est uniquement à ce prix là que le processus électoral engagé et désormais inarrêtable aboutira in fine par l’élection et l’installation du nouveau bureau de l’ANECA comme convenu le 23 mars 2019.

Voilà, chers amis l’économie de nos propos liminaires pour cette conférence de presse qui avait pour but de faire toute la lumière sur ces graves acte de violence qui ont émaillé la nuit du 25 au 26 février 2019 dont a été victime le siège national de l’ANECA.

 

Je vous remercie pour votre attention.

 

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