Centrafrique : Mais, la paix sur le papier n’est pas la paix sur le terrain !

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Bangui, le 16 février 19

Le gouvernement et les groupes armés se sont montrés des vrais amis après avoir signé l’accord de paix. Un texte que le gouvernement et les groupes armés ont peaufiné, en insistant sur le partage des postes de responsabilité. Cette signature, rendue possible par la levée d’ultimes obstacles, a de multiples enjeux. Elle doit mettre fin à un conflit qui date de 2013 et qui a littéralement exténué les populations.

L’attente a été longue. Sept années et demie de conflit, près d’un 5 de négociations pour le moins difficiles. Depuis que le gouvernement centrafricain et les groupes armés ont eux-mêmes signé le texte, la RCA est entré dans une période d’espoir pendant laquelle l’accord de paix est officiellement en vigueur, tandis que sa mise en œuvre est de fait en bonne voie, et alors que les hostilités ont continué sur le terrain depuis lors.

Après la cérémonie de signature, c’est donc une nouvelle période qui doit s’ouvrir dans le pays. Une période qui s’annonce d’ores et déjà compliquée, avec l’application progressive du texte. Ce dernier prévoit notamment une décentralisation très poussée du pouvoir à destination des régions, le partage du pouvoir, mais aussi la démobilisation des combattants des groupes armés et une plus grande représentation des populations du nord dans les institutions nationales.

Point sensible, il est aussi question d’un redéploiement de l’armée nationale sur l’ensemble du territoire centrafricain. Et le tout, étant affirmé que l’intégrité et l’unité territoriale de la RCA est sauvegardée. Si la diversité culturelle et ethnique du pays est reconnue dans l’accord, qui insiste sur un rééquilibrage du budget et le développement des régions septentrionales, un seul drapeau doit en théorie, flotter en effet en Centrafrique. Question de non partition !

Cessez-le-feu difficile à tenir

Depuis 2014, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises les groupes armés. Le premier enjeu de la signature de l’accord par les rebelles est donc de pouvoir, enfin, obtenir de la part de tous les belligérants le respect scrupuleux de la fin des hostilités sur le terrain. Une fin effective des hostilités permettrait de rendre le processus de paix irréversible, afin que tout centrafricain du sud puisse se sentir chez lui au nord, et vice-versa. L’un des enjeux est d’ailleurs de voir revenir dans leur pays d’origine de nombreux réfugiés partis dans les pays voisins.

Mais la paix sur le papier n’est pas la paix sur le terrain. Il va falloir appliquer l’accord avec doigté ; régler les problèmes de sécurité, les problèmes militaires, politiques, institutionnels, et assurer le développement des régions. La base pour faire aboutir un tel programme reste la confiance entre les différents acteurs, analyse un responsable de la mission onusienne en Centrafrique.

En signant l’accord, ils mettent pour le moment de l’eau dans leur vin. Reste à voir comment seront accordés des pouvoirs étendus aux régions, et si aucune violence signalée sur le terrain comme c’est le cas enregistré déjà à M’brès, Bambari…

Ces ultimes obstacles étant constatés, il y a tout de même de quoi laisser place au soulagement et à l’espoir au sein de la population centrafricaine.

Hervé BINAH,

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