Centrafrique : La prolifération des groupes armés et les milices en RCA profite aux ennemis de nation

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Bangui, le 10 décembre 18

 La RCA traverse la crise qui est bien alimentée et entretenue par les ennemis de la nation qui a plongé cet Etat de l’Afrique centrale dans  la plus sombre de son histoire qu’il na jamais connue depuis la disparition tragique du feu président fondateur Barthélémy Boganda après seulement une année avant la proclamation de l’indépendance.

En effet, l’histoire politique de la société centrafricaine semble être ignorée ou tout simplement mis en écart par de nombreux Observateurs et analystes politiques peu avertis qui penchent sur les affaires centrafricaines.

Pour mémoire, Boganda n’avait pas fini d’asseoir son véritable projet de société devant conduire à la construction d’une nouvelle nation solide intégrant les autres colonies de l’Afrique Equatoriale Française (AEF), autrement dit les Etats-Unis de l’Afrique Centrale, il disparaît tragiquement par une mort brutale lors d’un crash d’avion.

Il faudrait préciser, l’amélioration de la situation sécuritaire en RCA demeure aujourd’hui une épine dans les pieds des nombreux centrafricains, les membres des Organisations de la société civile, les partis politique de l’opposition démocratique, le clergé  de l’Eglise Catholique Romaine, mais  y compris aussi  du Gouvernement.

Elle demeure largement préoccupante en raison de la montée en puissance des violences aussi bien à Bangui au quartier PK5 que dans l’ensemble des localités d’arrière-pays, entre autres  Ippy, Bria, Batangafo, Bocaranga, Alindao, Bambari, Bangassou et tant d’autres qui sont sous contrôlent quasiment des groupes armés.

  Entre 2002 et 2017, on a enregistré 14 groupes armés

 Deux raisons peuvent l’expliquer, d’une part l’absence d’une force conventionnelle légale et légitime sur laquelle l’Etat la puissance publique devrait s’appuyer pour assurer la sécurité sur l’ensemble du territoire et des populations centrafricaines et d’autres part la prolifération et la violence des groupes armés.

Ces groupes armés font aujourd’hui partie d’un paysage politico-sécuritaire, car le recours à la force est considéré en RCA comme une stratégie très efficace pour accéder le plus rapidement aux plus hautes fonctions de la République.Le moins que l’on puisse dire est que ces groupes ont longtemps servi de bras armés aux hommes politiques pour conquérir le pouvoir. Entre 2002 et 2017 on a enregistré au moins quatorze (14) groupes armés.

Il convient de souligner que si avant 2012, les groupes d’opposition armée n’affichaient que des ambitions politiques et territoriales étranglées, le renversement du président François BOZIZE en 2013 par le groupe armé Séléka de Michel  DJOTODIA AM NONDROKO va constituer un tournant décisif en ce qui concerne la prolifération des groupes armés sur l’échiquier national.

Ainsi, profitant des zones grises  d’ombres dues à l’absence de l’autorité de l’Etat dans certaines localités du pays, les actions des groupes armés vont proliférer de façon extraordinaire et éclatante. Ces derniers auront la main mise sur l’ensemble des ressources locales mines, agriculture, foresterie et consolideront davantage leur sphère d’influence.

Soulignons au passage, qu’en 2014  la Séléka, les Anti-Balaka et le fameux LRA du Seigneur de guerre Joseph Kony contrôlaient une grande majorité du territoire centrafricain. Ces factions armées se sont livrés au vu et au su du pouvoir à plusieurs activités relevant de la souveraineté de l’Etat, en d’autres termes  qui sont illicites et souvent criminelles entre autres l’exploitation minières et des contrebandes de diamants ; prélèvement d’impôts, taxe douanière  et d’autres taxes  parallèles sur les mines, l’agriculture et autres commerces.

A cette liste, s’ajoute également  l’établissement des barrières routières pour racketter les usagers avec plus de 40 barrières entre Bangui  Bambari et Alindao  avec l’obligation de tous les passants de payer moyennant de l’argent, des billets de banque suivant son rang social.

A fortiori, certains membres des grands groupes comme la Séléka et les Anti-Balaka se sont disloqués par des recompositions en milices à part entières et le plus souvent rémunérées par les communautés locales ou purement  par des opérateurs économiques en vue d’assurer leur protection en remplacement de l’arsenal de sécurité de l’Etat.

Sommes toutes, il est temps que les décideurs politiques du pays comprennent que l’expansion de ces groupes armés et les milices  sont à la fois cause et conséquence de la mauvaise gouvernance et ce qui va encore accentuer de facto,  la persistance de la crise centrafricaine. Il est urgent qu’ils prennent à bras le corps la question de l’éducation et de la promotion de la jeunesse en quête d’emploi décent, car la situation sociale des jeunes en RCA est de nos jours marquée par des manipulations et instrumentalisation politique des jeunes qui ne font que grossir le rang des groupes armés, des milices  qui règnent sans partage dans le pays.

Bienvenu ANDALLA,

 

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