Centrafrique : Que cherche l’UA à travers la sensibilisation des organisations féminines sur le prochain dialogue ?

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Bangui, le 18 sept. 18

Ces derniers temps l’on assiste à une campagne de sensibilisation lancée par les organisations nationales des femmes en direction de leurs concitoyennes centrafricaines au tour du prochain dialogue entre les groupes armés et le gouvernement dont les travaux de préparation sont conduits depuis un an par un panel des facilitateurs de l’Union Africaine. Du coup, l’on se demande à quand la tenue de ce dialogue et que recherche l’UA à travers cette activité de sensibilisation qui est menée par ces organisations de femmes. 

Alors que le peuple centrafricain tout entier s’attendait à ce que la date et le lieu de la tenue du dialogue inter centrafricain soient fixés par l’Union Africaine qui a la charge du dossier de ces pourparlers qui sont qualifiés par tous, de rencontre de dernière chance pour sortir définitivement la RCA de cette longue crise qui continue de perdurer, l’on était surpris d’apprendre que deux réunions se tenaient simultanément la fin du mois d’août dernier à deux différents endroits notamment à Bouar sous l’initiative du Panel de l’UA avec les groupes armés et à Khartoum au Soudan sous la conduite des russes qui sont à Bangui. Ainsi ces deux réunions distinctes ont suscité des interrogations et commentaires dans les milieux des observateurs de la vie politique nationale.

En effet, les premières interrogations visaient à comprendre le pourquoi la tenue de ces deux réunion séparées avec les mêmes acteurs que sont les groupes armés. Aussi, quel est le vrai rôle que ces russes qui sont à peine arrivés dans le pays entendent jouer dans le processus de restauration de la paix en Centrafrique du moment où ces derniers sont restés longtemps muets et indifférents des multiples crises qu’a connues la RCA.

Pour certains observateurs et acteurs de la société civile centrafricaine, cette réunion du Soudan n’était sans doute qu’une manière pour l’Union Africaine de convaincre les groupes armés à revoir la liste de leur dizaine de revendications pour sortir des préoccupations claires et succinctes qui seront inscrites en bonne place dans le document sensé être la loi extra-suprême contenant des engagements des principales parties prenantes à ce dialogue que sont le Gouvernement et les groupes armés.

Ce que l’on sait c’est qu’à la suite de la réunion du Bouar, le Panel de l’Union Africaine avait remis officiellement au Président TOUADERA la centaine des revendications formulées par les groupes armés en vue du prochain dialogue. Entre temps, la réunion de Khartoum s’était soldé par une déclaration commune des groupes séléka et balaka mettant en place une plate forme commune qui a comme entre autres objectifs de ramener la sécurité et de veiller sur la libre circulation des personnes et biens sur l’ensemble du territoire.

N’est ce pas là, une véritable ruse qui consiste à faire avaler au Gouvernement et à l’ensemble du peuple centrafricain les pilules les plus amers tant redoutées dont la composition chimique contient entre autres, l’amnistie et le partage du pouvoir avec des individus Séléka à la commande de la Primature ainsi qu’aux postes stratégiques et juteux de l’Etat? Il est a rappelé que parmi les douze points de revendications dites non négociables des séléka, figure bel et bien les points qui concernent l’amnistie et le poste de la Primature.

Cependant, il va sans dire que toute décision à n’importe quel degré que ce soit, tendant à amnistier les auteurs des crimes commis en RCA suscitera aussitôt, un tôlé tant au niveau national qu’international vu les positions radicales exprimées à ce sujet par les différentes couches de la société centrafricaine.

De mémoire, une plate forme des organisations de la société civile qui regroupe en son sein plusieurs associations de jeunes et des femmes était montée au créneau le mois de juillet dernier pour faire entendre à l’opinion nationale et internationale leur position qui consiste dire Non, à l’impunité et l’amnistie en Centrafrique.

Ce sujet de l’amnistie en faveur des auteurs en RCA prend déjà une dimension internationale avec l’implication de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), de l’Amnesty International et de Human Rigths Watch aux côtés des organisations nationales de défense des droits de l’Homme qui se mobilisent pour barrer la route à initiative visant dédouaner les criminels. Bref.

D’autres commentateurs de la vie politique nationale n’hésitent pas à qualifier ces deux réunions de Bouar et du Soudan d’un grand complot ourdi contre le pouvoir de Bangui car, selon ces derniers, la moindre résistance des autorités centrafricaines à l’application de toutes les revendications de ces groupes de grands criminels et pilleurs de la République sera considérée comme un péché impardonnable vis-à-vis de la communauté internationale et que seul le régime de TOUADERA paiera les frais.

En attendant, le peule centrafricain attend voir tenir le plus tôt possible ce dialogue qui est censé mettre fin à sa souffrance au lieu que les organisateurs de ces pourparlers continuent de faire traîner les pas et de tirer à la longueur du temps pour quelle cause l’on ne sait.

Qui vivra, verra !

Hervé BINAH,

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