Centrafrique : L’ancien président Dotodjia s’apprête à rentrer à Bangui pour mettre les factions séléka sur le pas de la paix

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Bangui, le 30 août 2018

L’ancien président et leader séléka Michel Dotodjia qui vit depuis cinq (5) ans dans sa somptueuse villa à Cotonou au Bénin suite à son départ précipité du pouvoir, vient de prendre la ferme et courageuse décision pour rentrer à Bangui. La seule motivation de cette décision est pour l’homme du 24 mars 2013 de venir mettre un terme définitif à la longue crise qui n’arrive pas à trouver une issue malgré la présence des milliers éléments des forces de l’ONU en RCA.

Tout comme la presse béninoise qui a suinté sur cette nouvelle du retour de Dotodjia, l’on s’interroge pour savoir de quel bâton magique ce dernier va user pour stopper net, la crise qui cette fois-ci, a pris de profondes ramifications endogène et exogène. Cette même source indique que Dotodjia a rassuré que dès son arrivée à Bangui, son premier message consistera à intimer l’ordre d’un cessez-le feu immédiat à toutes les fractions séléka. Ensuite, il s’en suivra dans les prochains jours, l’opération de désarmement volontaire qui se fera en sa présence sur les différents sites que lui-même aura fixé. Pour Dotodjia, la vraie voie de sortie crise ne vient pas de l’Union Africaine ni des Nations unies mais c’est par lui seul que la paix peut revenir très rapidement et durablement sur l’ensemble du territoire national.

Cependant, l’on se demande pour savoir ou encore connaître cette personne qui peut penser à l’heure actuelle que l’ex-leader Séléka Michel Dotodjia garde encore une certaine influence sur cette nébuleuse organisation des criminels et pilleurs qui s’est disloquée aussitôt en début d’année 2014 à la fin de leur éphémère règne à cause des intérêts égoïstes des chefs de guerre? Difficile à tous ceux qui ont vécu le régime Séléka dirigé par Dotodjia de croire un seul instant que c’est sa seule personne physique à Bangui qui constituera la solution magique à cette crise pour le seul fait que ce dernier avait suffisamment prouvé ses limites quant à la gestion de nombreux mercenaires étrangers qui avaient contribué à sa prise de pouvoir par la force en 2013.

Que cache cette nouvelle du retour en Centrafrique de Michel Dotodjia qui frise une stratégie pour ce dernier de tenter de revenir au pouvoir car celui-ci a été aperçu dernièrement au Soudan voisin pendant que les différentes factions séléka se réunissaient dans les villes de Kaga-Bandoro et moyen Sido où la présence de nombreux mercenaires tchadiens et soudanais était signalée parmi ces Séléka.

L’on se souviendra que la coalition rebelle séléka qui avait chassé Bozizé du pouvoir avait puisé le gros de ses mercenaires du côté Tchad par l’intermédiaire de Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen et Alkathim. Du côté Soudan par l’intermédiaire de Michel Dotodja et du général Moussa.

Aussi, il était reconnu parmi ces mercenaires tchadiens qui avaient accompagné en 2013 la séléka dans sa marche sur Bangui, les mêmes qui avaient accompagné Bozizé en 2003 quand il était venu renverser le pouvoir légitime du feu président Ange Félix Patassé.

Tout ceci, démontre à suffisance qu’il existe chez nos voisins du Tchad et du Soudan des gens qui attendent juste une occasion pour semer les troubles et le désordre en Centrafrique afin de piller au maximum les biens de ce pays. L’on a encore en mémoire le pillage à grande échelle, qu’avaient effectué les mercenaires tchadiens sur la base logistique de la société japonaise KAJIMA où les engins lourds destinés aux travaux de construction des routes bitumées et qui sont extrêmement coûteux ont été tous emportés pour être revendus à vil prix aux entreprises tchadiennes.

Cette malheureuse situation avait suscité la colère du Gouvernement japonais qui avait décidé purement et simplement de la fermeture de sa représentation diplomatique à Bangui avec toutes les conséquences que l’on ne peut se permettre d’étaler si ce n’est le seul cas du projet d’exploitation du fer centrafricain dont les japonais s’apprêtaient déjà à lancer mais qui est tombé dans l’oubliette avec ces tristes évènements de 2003.

N’est ce qu’un adage bien connu dit que « l’appétit vient en mangeant » ? Ceci étant, personne ne peut s’étonner de voir Dotodja lorgner le fauteuil présidentiel qu’il était contraint de quitté sous la pression de ses pairs de la CEEAC qui l’avaient trouvé d’incompétent pour mettre de l’ordre en RCA. Ceci est aussi vrai pour les autres mercenaires tchadiens et soudanais qui ont goût de s’enrichir par le sang des centrafricains lorsqu’une occasion se présente pour leur permettre de déverser leurs venins sur les pauvres populations civiles.

De tout ce qui précède et exceptés les acolytes des séléka d’obédience Dotodjia, tous les observateurs de la vie politique nationale sont unanimes d’affirmer aisément que Dotodjia n’est pas l’homme de la situation actuelle en Centrafrique car celui-ci ne pèse plus devant des chefs de guerre séléka tels que, Nourredine Adam, Abdoulaye Hissen, Ali Darrass ou encore Alkathim.

Herman THEMONA,

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