Centrafrique : L’ANE réagit au sujet des accusations portées contre elle sur les supposées fraudes électorales en préparation

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Bangui, le 08 mars 18

Suite aux informations parues dans les colonnes de certains organes de la presse écrite locale et faisant état de la présence à Bangui de certains individus ayant pour mission de travailler en souterrain sur la base des données de l’ANE afin de faire gagner le Président Touadéra aux prochaines élections de 2021, l’Autorité Nationale des Elections (ANE) vient de réagir pour clarifier cette situation qui tend à remettre en cause l’indépendance et l’impartialité de cette institution en charge de pilotage des élections dans le pays.

Le document officiel de la réaction de l’ANE signé par son Rapporteur Général  Julius Rufin NGOUADE-BABA  fait mention de ce qui suit : « Fidèle à sa logique de transparence, de courtoisie et de concertation permanente avec les acteurs électoraux parmi lesquels figure la presse, l’A.N.E. a invité le Directeur de publication de ce quotidien à effectuer une visite de ses locaux afin de se rendre compte par lui-même de l’inanité de ces allégations. Ce dernier s’est malheureusement défilé. Aussi, l’Autorité Nationale des Elections décide-t-elle d’user de son droit de réponse en faisant la mise au point suivante :

La constitution, la gestion, la conservation et la révision du fichier électoral sont des attributions que la Loi n ° 13.003 du 13 novembre 2013 portant code électoral de la République Centrafricaine, confère à l’Autorité Nationale des Elections. De tout temps, cette Institution a assumé ces tâches, ainsi que toutes celles qui lui sont assignées en toute indépendance, probité et transparence. Il en est et en sera ainsi pour le présent et pour l’avenir. Au jour et à l’heure où l’A.N.E. met sous presse ce droit de réponse, aucun individu, centrafricain ou « étranger » n’effectue aucune opération, quelle qu’elle soit sur le fichier électoral de la République Centrafricaine dont l’A.N.E. est par ailleurs le dépositaire. C’est dire que l’information véhiculée par MEDIA+ est une absolue contrevérité. Soit elle est le fruit de l’imagination de son auteur, soit celui-ci la tient de source erronée et non recoupée. Dans un cas comme dans l’autre, la déontologie de la profession de journaliste n’a pas été observée. Il s’agit là d’un manque de professionnalisme patent et d’une légèreté blâmable dans le traitement de l’information.

L’A.N.E. voudrait informer l’opinion publique que contrairement à ce que peut laisser croire cet article, l’audit d’un fichier électoral est une opération objective pouvant être menée d’initiative par l’organe de gestion des élections, en l’occurrence l’A.N.E., ou à la demande des parties prenantes nationales. Il consiste en un examen méthodique de l’ensemble des listes électorales au regard du cadre juridique et des moyens techniques mis en œuvre pour leur confection en vue d’en déterminer les qualités, la cohérence des données et d’en identifier les faiblesses et les imperfections.

L’audit a ainsi pour finalité de mettre à la disposition de l’organe de gestion des élections des éléments pertinents d’appréciation pour orienter utilement ses choix techniques et opérationnels afin de constituer un fichier plus performant et fidèle au corps électoral et d’asseoir une plus grande légitimité des élections. Il est donc judicieux qu’une telle activité soit menée par une personne qualifiée, physique ou morale, nationale ou internationale, dans tous les cas extérieure à l’organe qui a confectionné le fichier de manière à permettre une appréciation nouvelle, rigoureuse et neutre.

Afin de capitaliser et pérenniser les acquis du processus électoral passé, l’Autorité Nationale des Elections s’est dotée d’un agenda dans lequel figure en bonne place l’audit du fichier électoral. Elle le fera en toute responsabilité et advenu le moment, l’information sera partagée ainsi que les conclusions et les nouvelles orientations qui en découleront.

L’Autorité Nationale des Elections pense, quant à elle, que loin d’y contribuer, la désinformation ne fera que desservir l’« aspiration du peuple centrafricain à la paix et à la stabilité du pays pour lui permettre de bien vivre ». Elle exhorte donc cet organe de presse, ainsi que tous les autres à ne ménager aucun effort pour élever le niveau de leurs prestations afin de servir au peuple centrafricain une information de qualité et participer ainsi à son éducation et au développement de son esprit critique ».

En attendant la presse nationale reste attentive et suit de près ce dossier très délicat et hautement sensible afin d’éviter toute perturbations et toutes compromissions  ou encore des contestations électorales qui viendront compliquer le fragile climat sociopolitique national.

Le Potentiel Centrafricain,

1 COMMENTAIRE

  1. Au lieu de répondre au coup de pied de l’âne, l’ANE devrait plutôt se pencher sur le problème de règlement des derniers arriérés de certains de ses démembrements et surtout sur les voies et moyens d’améliorer les prochains processus électoraux…

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