Centrafrique : Basse-Kotto, « Tout le long de mon périple, depuis Poudjio 40 Km d’Alindao jusqu’à Mobaye, j’ai vu et vécu l’horreur », dixit Révérend Pasteur Nicolas Nguérékoyamé-Gbangou

0

Bangui, le 13 janv. 18

Ce propos a été rendu public dans le rapport accablant du Révérend Pasteur Nicolas Nguérékoyamé-Gbangou Président  du Conseil d’Administration, Chef de mission de la Plate Forme des Confessions Religieuses de Centrafrique,  dans la circonscription administrative de la Basse-Kotto.

Il  faut noter qu’il a prononcé ces propos,  lors de la conférence de presse de restitution de sa mission qui s’est déroulée, hier Jeudi 11 Janvier 2018 au Centre Saint Jean XXIII  devant un parterre des professionnels des médias nationaux. Pour mémoire, la mission qu’à effectuée le Président du Conseil d’Administration de la Plate-forme des Confessions Religieuse s’est opérée du 16 au 24 décembre dernier.

Le moins que l’on puisse dire, est que l’homme de Dieu Nicolas Nguérékoyamé-Gbangou s’est rendu compte de visu, des réalités des populations et à toucher, voire palper  du doigt les souffrances ahurissantes des filles et fils de cette partie du pays. Ces derniers continuent de tirer le diable par la queue au grand dam des pouvoirs publics et des forces internationales qui ont pour mission de protéger les populations civiles.

D’entrée de jeu, le Révérend Pasteur Nguérékoyamé-Gbangou à tabler sur la persistance de cette crise qui continue son bonhomme de chemin dans les localités de l’arrière-pays  et si rien n’est fait risque de compromettre d’une manière gravissime l’avenir  du  pays en ces termes :  « La République Centrafricaine traverse toujours une période délicate de son histoire ; les tueries en masse, les destructions des biens et services, le flétrissement du fondement de l’économie et le délitement du tissu social restent encore des marques visibles liées au conflit que nous connaissons, lequel conflit s’inscrit déjà dans la durée »a-t-il lancé avant d’ajouter « Comme au début de la crise armée, la Plate-forme des Confessions Religieuses (PCRC) continue de demeurer constante dans la droite ligne de sa vision telle que stipulée en l’article 7 de sa Charte je cite : contribuer à améliorer l’environnement et culturel et des droits humains en Centrafrique ». Poursuivant l’Homme de Dieu Nicolas Nguérékoyamé-Gbangou affirme «  Tout le long de mon périple, depuis Poudjio 40 Kilomètres d’Alindao jusqu’à Mobaye, j’ai vu l’horreur : aucune école qui ne fonctionne depuis bientôt un an, quelques rares centres de santé qui ne soignent encore, des habitations complètement détruites, des exploitations agricoles abandonnées et envahies de hautes herbes, des troupeaux de bœufs  décimés, des petits commerces et des unités de productions pillées et saccagées, des pistes à peine carrossables et des ouvrages d’art sabotés… bref, la désolation à tout bout de champ.. La Basse-Kotto reste la seule Préfecture où aucun examen de fin d’année n’a été organisé pendant l’année scolaire 2016-2017. Mobaye, Alindao, Kembé, Satéma, Mingala et Zangba sont les  Sous-préfectures, a ce que je sache, où aucune force de sécurité aucun responsable politico-administratif n’a été encore déployé à l’heure où je vous parle ; aucun humanitaire n’y travaille et les populations riveraines du fleuve Oubangui, ont cru bon de fuir et se refugier de l’autre côté, en RDC vivant dans des conditions presqu’inhumaines. Le spectacle émouvant qu’on observe est celui des jeunes enfants de 12 ans qui, a défaut d’école, ont intégré des groupes rebelles, portent des armes, se droguent et pensent ainsi combler le manque de moyens de survie. Toute une Préfecture est abandonnée ; toute une génération est sacrifiée ; la précarité s’est installée partout » a-t-il-lâché. Pour terminer l’orateur  à lancer un vibrant appel au Gouvernement, les humanitaires, les forces internationales, les parlementaires et tout autre acteur de bonne foi pour qu’ensemble des efforts soient conjugués afin de sortir cette localité du gouffre dans lequel elle est confrontée.

Alfred  Binah,

Le Potentiel Centrafricain

LAISSER UN COMMENTAIRE