Centrafrique : Interview de Thierry Lancien dg de la Brasserie MOCAF

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Bangui, le 17 nov. 17

La Brasserie MOCAF fait partie du Groupe Castel et c’est un Groupe français implanté sur le continent Africain et dans plus de 20 pays, depuis plusieurs dizaines d’années. Il se trouve  que dans la quasi-totalité des pays où nous sommes présents, le Groupe Castel produit déjà de l’eau, voire plusieurs marques d’eaux suivant la taille du pays et suivant les besoins du pays. Et il se trouve qu’on a un savoir-faire extrêmement important dans la production d’eau en bouteille. Il nous apparut donc intéressant d’observer ce marché d’eau en Centrafrique et nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il était temps maintenant pour la brasserie MOCAF de se diversifier, comment dire d’ajouter un fil à son arc.

Q : Quelles sont les motivations du lancement de ce produit et combien ça va couter aux consommateurs ?

: Les motivations qui ont poussés MOCAF à mettre ce produit sur le marché Centrafricain. Comme vous le savez tous, La Brasserie MOCAF fait partie du Groupe Castel et c’est un Groupe français implanté sur le continent Africain et dans plus de 20 pays, depuis plusieurs dizaines d’années. Il se trouve  que dans la quasi-totalité des pays où nous sommes présents, le Groupe Castel produit déjà de l’eau, voire plusieurs marques d’eaux suivant la taille du pays et suivant les besoins du pays. Et il se trouve qu’on a un savoir-faire extrêmement important dans la production d’eau en bouteille. Il nous apparut donc intéressant d’observer ce marché d’eau en Centrafrique et nous en sommes arrivés à la conclusion qu’il était temps maintenant pour la brasserie MOCAF de se diversifier, comment dire d’ajouter un fil à son arc. Ensuite, il faut reconnaitre, le marché d’eau en bouteille est en constance progression que ce soit sur le continent Africain ou sur le continent Américain, en tant que leaders de la production de la boisson en Centrafrique, il apparait tout à fait naturel de mettre sur le marché une production d’eau.  Pour ce qu’il s’agit du coût pour le consommateur de ce produit, la bouteille d’eau VITALE  en un litre ½ sera vendue à 500 FCFA unité ce qui est à peu près le prix  standard de  ce type de produit. Il faut savoir que nous avons étudié de très près notre prix de revient de façon à proposer aux consommateurs un prix raisonnable, mais ce qui n’empêchera pas à certain moment de l’année, des prix promotionnels seront proposés aux consommateurs. Pour l’instant le prix officiel est de 500 F CFA.

Q : Avez-vous bien étudié le coût par rapport à la concurrence et quelles sont les garanties sanitaires pour le Consommateur ?

R : Pour ce qui est de la concurrence, ce qui nous a paru intéressant aussi  et que  avons constatés ces dernières années ici c’est  la présence d’une manière extrêmement  importante de l’eau importée, notamment de deux marques  qui viennent d’un pays voisin le Cameroun à savoir  l’eau VERMOND et  TANGUI. Il s’avère que le prix de vente  aux consommateurs de ces produits est  très élevé, je crois d’ordre d’un taux  de 1000 FCFA la bouteille, quasiment le prix deux fois d’une d’eau VITALE. L’idée derrière ça c’est de permettre à la population Centrafricaine d’accéder beaucoup plus facilement et en lui proposant un tarif adapter à la réalité et c’est ce que je disais tout à l’heure, le prix de 500F. Je pense que par rapport à ça nous n’aurons plus de difficultés à lutter contre la concurrence importée du Cameroun puisque nous avons un prix ultra-compétitif. Maintenant si votre question concerne la question de production d’eau locale et suffisamment d’avenir pour que plusieurs producteurs puissent être présents sur le marché sans qu’il ait une lutte acharnée. Pour ça, il y’a de la place pour tout le monde. Le but principal, comme je vous le dis tout à l’heure est  de faire en sorte d’éliminer ou de minimiser l’importation d’eau du Cameroun. Après lorsqu’il s’agit de la sécurité sanitaire de notre produit. Dans notre Groupe Castel, nous avons un savoir-faire technologique de très longue date, qui nous permet aujourd’hui d’embouteiller de l’eau dans les conditions de qualité optimale. De par notre appartenance à un Groupe Français, nous appliquons obligatoirement, les normes de qualités et les normes techniques françaises et  européenne. Et je crois que ça c’est une garantie peut-être pas suffisant, mais indispensable pour le consommateur de savoir que justement c’est la Brasserie MOCAF qui produit cette eau. Pour mémoire, la Brasserie MOCAF est présente en Centrafrique depuis bientôt 65 ans. Je pense que la Brasserie MOCAF a démontré tout au long de cette période son sérieux,  savoir-faire. Rien que ça c’est une garantie pour le consommateur et notre produit est régulièrement contrôlé par le laboratoire de l’Université de Bangui pour ce qui est de ses caractéristiques physiologiques, c’est l’analyse de  l’Institut Pasteur pour ce qui est de la partie microbiologie micro-bactériologique. Pour le reste, les normes de notre marque, nous impose d’envoyer en France des échantillons et là on fait une analyse extrêmement complète que peut faire ni le laboratoire de l’Université, ni l’Institut Pasteur qui pourra fournir les garanties nécessaire aux consommateurs.

Q : Quelles sont les dispositions pratiques avez-vous mise en place pour lutter contre la contrefaçon ?

R : La contrefaçon est récurrente, nous avons mis  sur la bouteille VITALE une couverture qui couvre la bouteille et le bouchon et c’est en-dessous- du bouchon. Je dirai que personne ne peut le contrefaire, il faut avoir de la matière pour pouvoir mettre ce bouchon et autour. C’est une évidence, si  demain vous trouvez sur le marché une bouteille d’eau VITALE sans ce petit morceau plastique, mais  je crois pour ça personne ne peut le faire. Mais pour ce qui ait de la contrefaçon d’autres produits MOCAF, effectivement c’est très peu qu’on découvre des produits de façon contrefaits. Mais c’est quelque chose à laquelle, il est extrêmement difficile de lutter, nous faisons des communiqués de manière générale et nous alertons les autorités en l’occurrence, la police et les services de répressions de fraudes, malheureusement, nous ne pouvons que attirer l’attention de nos consommateurs à la vigilance l’lorsqu’ils achètent une bouteille de bière que ça soit une bouteille d’eau.

Q : Comptez-Vous exporter VITALE ? Quelles sont les garanties de conservations de cette eau ?

R : ll faut savoir qu’à partir du jour ou une eau est mise en bouteille, elle a 12 mois de durée de conservation. Alors vous direz 12 mois pourquoi pas 10 ou 14 ? Et j’en passe, ce qui est important pour la conservation, il n’est pas nécessaire de la conservée dans un frigo ou congélateur, c’est un produit qui peut se conserver sans aucune difficulté. Par contre, ce qui est important pour ce genre de produit, c’est de ne pas stoker dans un lieu où il y a des produits qui ont une odeur très  fortes, notamment de l’essence, de la peinture, autrement dit tout ce qui est produit pétrolier. Pourquoi ? Parce que la matière plastique contrairement à d’autres n’est totalement étanche et il y’a des échanges qui se font entre l’intérieur et l’extérieur et entre l’extérieur et l’intérieur et ces échanges sont de types gaz et le risque c’est l’odeur des produits pétroliers qui passent à travers les matières plastiques  C’est la raison pour laquelle, il faut stoker dans un endroit où l’odeur ne passe pas  et il vaut mieux éviter comme tout boissons en bouteille de laisser pour une durée longue parce que là aussi vous allez apparaitre des gouts bizarre et c’est absolument la même chose pour la bière et qui va devenir imbuvable. Ce n’est pas le produit qui est bon, mais c’est  juste la manière de la conservation de ce produit. En règles générales, une bouteille d’eau doit se conserver dans un endroit sec. Concernant l’exportation, notre objectif à  terme c’est de satisfaire les besoins du marché Centrafricain et évidemment, si une opportunité se présente de Bangui qui n’est pas loin du Congo  et si les importateurs Congolais sont intéressés pour la vendre à l’autre côté du fleuve, nous verrons, mais dans tous les cas, ce n’est pas notre objectif principal. Peut-être un jour ça deviendra..

Q : La Brasserie MOCAF est-elle prête à accepter la concurrence d’une autre Brasserie en Centrafrique ?

R : J’ai pour l’habitude de dire que la concurrence est toujours saine et la concurrence vous oblige à progresser, la concurrence vous oblige  à faire toujours mieux. Il se trouve que votre concurrent est meilleur que vous et là vous avez un objectif immédiat c’est de faire plus en plus le double et en Centrafrique, on fera ce que dans d’autres pays ou le Groupe Castel se retrouve face à des concurrents et on essaiera de concevoir notre part de marché, de le faire encore. Mais, il faut être réaliste, je ne crois pas aujourd’hui que quelqu’un soit prêt à investir des Milliards de Francs pour produire de la bière puisqu’on parle de Brasserie. Le marché Centrafricain pour l’instant n’est pas de grande ampleur, mais qui se développe et qui va continuer à se développer de toutes les manières, car la stabilisation et la croissance se poursuivent dans ce pays, ce qui pourra emmener quelqu’un ou un autre Groupe pour mettre en place une structure. Dans l’immédiat, il n’est pas encore temps. En Côte D’Ivoire, il y’a un concurrent qui s’est installé, nous n’étions pas présent au Congo-Brazzaville, le Groupe Castel a installé une Brasserie au Congo-Brazzaville, nous avons des concurrents, pourquoi pas demain une Brasserie en Centrafrique ?

Q : En cette de période de mise et d’insécurité dans l’arrière-pays, comment comptez-vous distribuer le produite sur le territoire national ?

R : C’est un aspect important des choses, effectivement il y’a toujours l’insécurité en province. MOCAF travaille depuis de très nombreuses années avec  des grossistes. Il appartient à ces grossistes d’assurer la distribution la plus large que possible. MOCAF n’a pas d’activité directe de distribution auprès des détaillants. Par contre, dans la mesure il nous arrive aussi d’avoir des grossistes, mais vous comprenez qu’on ne peut pas développer ses activités économiques en ayant un minimum de sécurité même si les grossistes sont là. Maintenant, dans le domaine de l’eau auquel on ferait face en province. L’eau Tangui et Vermont  qui sont importées en Centrafrique par l’ECOLOG pour approvisionner la MINUSCA. Est-ce-vous savez combien coûte un pacte d’eau Tangui et Vermont en province ? Par les soldats de la MINUSCA ?  Et plus les soldats de la MINUSCA ont une dotation quotidienne gratuite qui est fourni par l’ONU malheureusement, ils ont la possibilité de manière illégale de revendre aux populations. Une bouteille d’eau Tangui est à 1000  FCFA a Bangui c’est-à-dire 6000 FCFA le pacte. Par contre l’eau Vitale c’est à 500 FCFA ce qui reviendrait à dire 3000 FCFA le pacte et un pacte d’eau tangui quand-il est revendu par les soldats de la MINUSCA, il est vendu à 500 F. d’un point de vus strict économique. Il serait impossible de vendre un pacte d’eau Vitale sachant que compte tenu des frais pour les villes les plus éloignées du pays et j’imagine que le pacte d’eau Vitale sera vendu au-delà de 1000 FCFA, aujourd’hui mon principale concurrent c’est la MINUSCA , que ce soit à Bangui où dans l’arrière-pays.

Q : Comment lutter contre la déloyauté ?

R : Nous ne pouvons qu’alerter les autorités du pays, mais en tant que Brasserie, nous n’avons aucun moyen de police. Il y’a une disposition qui fait que normalement dans un plus  proche avenir, ECOLOG ne pourra plus importée de l’eau, il aura obligation de s’approvisionner du producteur de la ville et du producteur de la Vitale. Il appartient a nous aussi de faire des démarches auprès d’ECOLOG pour faire des offres commerciales qui les obligerons. Les autorités  ont été alerté sur ce problème mais également sur d’autres produits c’est-à-dire acheter auprès des industriels Centrafricains au lieu d’importer ailleurs des pays voisins  Cameroun..

: Dans un passé récent, une analyse  de l’Institut Pasteur de Bangui  a déclaré l’eau Tangui  et d’autres impropre a la consommation. Qu’en dites-vous ?

R : L’Institut Pasteur n’a pas affirmé ni écrit  que l’eau Tangui était impropre à la consommation. Ils ont fait une analyse qui ont révélé la présence de bactéries dans l’eau Tangui. Mais ce qui est tout à fait normale pourquoi ? parce que si vous prenez une bouteille d’eau Tangui , il est écrit dessus eau minérale naturelle et du fait de la réglementation et aussi du fait de minima internationale l’eau minérale  est une eau qui ne doit subir aucun traitement, c’est-à-dire telle que vous la récupérée et  telle que vous devez la remettre dans la bouteille et il est donc normale même souhaitable qu’une bactérie soit présente dans une eau minérale, c’est la seule qu’elle présente que cette eau n’a subie aucun traitement physique ou chimique au préalable. Par contre ce qui est important c’est que parmi ces bactéries seulement aucune bactérie pathogènes es effectivement la cause de maladies en consommons ces eaux. Or le résultat d’analyse de l’eau Tangui démontre aucune bactéries suspectes pathogènes, il y’a simplement des bactéries qui sont dans le forage ou est pompé l’eau Tangui et je pense que c’est peut-être cet aspect des choses  qui avaient échappés a certains et qui ont déclaré l’eau Tangui impropre à la consommation.

Monsieur Thierry Lancien  DG de la Brasserie MOCAF

je vous remercie.

Propos recueillis par Le Potentiel Centrafricain,

 

 

 

 

 

 

 

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