CENTRAFRIQUE : LA RENCONTRE INTERNATIONALE DE BANGUI BAPTISÉE « PETIT DÉJEUNER DE PRIÈRE »

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Bangui, le 08 novembre 17

Le Président de la République Son Excellence Professeur Faustin Archange Touadera a pris part à la rencontre internationale de Bangui qui a eu lieu aujourd’hui à l’Hôtel Ledger Plaza.
Placée sous le thème « La recherche de la paix et de la réconciliation en RCA. Soyons tous unis en esprit pour chercher ce qui contribue au retour de la paix dans notre cher beau pays, la RCA », cette rencontre a vu la participation de toutes les sommités centrafricaines.

L’histoire de la République centrafricaine est émaillée par la violence depuis la tentative ratée de son père fondateur Barthélémy Boganda de la construction des Etats Unis d’Afrique. Après avoir tenté en vain de trouver des solutions définitives à ses crises militaro-politique durant plusieurs décennies, les sommités centrafricaines ont décidé de se tourner vers Dieu afin de chercher une source d’inspiration pour conjurer le mal qui continue de s’abattre sur leur pays.
En plus de la présence des trois têtes qui dirigent de la RCA: le Président Touadera, le Président de l’Assemblée nationale Karim Meckassoua et le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji, nous avons noté la participation du Médiateur de la République, M. Jacques Mbosso et du Président du Haut Conseil Économique et Social, M.Alfred Poloko.
Les principaux leaders de l’opposition tels que Anicet Georges Dologuélé, Crépin Mboligoumba et Alexandre Ferdinand Nguéndet ont également pris part à cette rencontre.
En un mot toutes les élites nationales ont tenu a honoré de leur présence à ce rendez-vous historique avec Dieu, pour tenter d’apporter des réponses appropriées aux problèmes qui freinent le développement de leur pays.
Nous vous publions le communiqué final de cette grand-messe.
Trois thématiques ont été abordées par les participants. La première:
Responsabilité de l’homme devant Dieu et devant les hommes : La paix facteur de l’Unité et de cohésion nationale“ a été développée par l’Honorable Rudolph Decker, ancien parlementaire allemand. Le Président Touadera a été le modérateur de cette première séquence.
La seconde“ Comment promouvoir la réconciliation et l’unité nationale dans un contexte de crise“ a été présentée en panel par le Frère Rév. Dr NUPANGA WANZANA et le Président de l’Assemblée Nationale Karim Meckassoua qui était également le modérateur.
Enfin la troisième thématique intitulée la cohésion entre les Communautés : un facteur de la paix“ a été présentée en panel par les Frères Mathieu Fabrice Evrard BONDOBO et MODIBO Bachir. C’est le Premier Ministre Simplice Mathieu Sarandji qui a assuré le contrôle des débats.
Nous vous publions le Communiqué Final de cette rencontre qui a tenu toutes ses promesses.

PETIT DÉJEUNER DE PRIÈRE

COMMUNIQUE FINAL
La Rencontre Internationale de Bangui a tenu sa 1ère réunion du Petit Déjeuner de Prière à Bangui (République Centrafricaine) le 07 Novembre 2017 sous la Très Haute Présidence du Frère Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’Etat, en la présence du Frère Honorable Abdou Karim MECKASSOUA, Président de l’Assemblée Nationale, du Frère Simplice Mathieu SARANDJI, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, des Membres Gouvernement, des Autorités des Institutions Républicaines, du Corps Diplomatique, des Partis Politiques, de la Plateforme Religieuse, de la Société Civile, du Patronat et du syndicat.
La cérémonie d’ouverture a été marquée au préalable par une prière dite par le Frère l’Imam Aliyou HOUSEÏNOU. Trois allocutions ont ponctué cette Cérémonie d’ouverture :
– l’allocution du Président du Comité d’organisation, le Frère Maxime BALALOU qui a adressé sa profonde gratitude aux Autorités du Pays qui ont bien voulu autoriser la tenue de cette 1ère édition de la Rencontre Internationale de Bangui et aux participants d’avoir accepté, malgré leurs nombreuses occupations, de venir massivement pour prendre part à cette assise.
Par ailleurs, Il a noté qu’à l’heure où se trouve notre pays, il a grandement besoin des femmes et des hommes engagés en faveur de la paix et de la réconciliation dans notre pays. Des hommes et des femmes qui prônent la culture de la paix, de l’unité, de la fraternité, capables d’apporter de nouvelles visions de sortie de crise et du relèvement socio-économique de ce beau pays. L’Élite centrafricaine est coupable d’avoir laissé plongé progressivement notre pays depuis l’indépendance, le 13 août 1960. Le temps Dieu est arrivé pour nous humilier, demander pardon à Dieu et repartir sur de nouvelle base a-t-il souligné.
La présence à cette première Édition des Frères et Sœurs venus de l’étranger, des Frères et Sœurs étranger résidant en RCA témoigne de l’amour pour notre pays. Son souhait est qu’à l’issue de cette journée de prière, d’échanges et de réflexions, que l’Élite centrafricaine prenne conscience de sa responsabilité, de son rôle dans la recherche de la paix, la concorde nationale et le renforcement du vivre-ensemble.

Pour le Frère l’Honorable Rudolf Decker, Ancien Parlementaire du Bundestag Allemand, dans sa déclaration, il a d’abord remercié le Comité d’organisation pour l’avoir invité. La rencontre Internationale de Bangui est le résultat de la participation de Monsieur le Premier Ministre à la Rencontre Internationale de Berlin. Puis, il a rappelé l’historique du Petit Déjeuner de prière.
Il a terminé son propos en précisant que l’évènement d’aujourd’hui n’est qu’un commencement des relations qui vont se poursuivre dans l’avenir.
Enfin dans son Discours d’ouverture, le Frère Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’État a remercié le Dieu Créateur de toute chose qui a permis l’organisation de cette Rencontre qui, pour lui est le début de la réponse du Tout Puissant à la prière des uns et des autres, qui est celle de voir ce peuple se réconcilier avec lui-même.
Il a aussi rappelé que la République Centrafricaine a traversé l’une des épreuves les plus sombres de son histoire. Le fait que les Élites centrafricaines se réunissent pour chercher ensemble la Face de Dieu et traiter dans l’humilité, l’amour, et la fraternité les questions clés qui conditionnent l’avenir de toute une Nation : la paix et la réconciliation nationale, est un miracle de Dieu.

En rappelant la citation, du Chancelier Konrad ADENAUER qui disait dans un discours en 1954 que : « sans la prière, sans le secours d’en Haut, nous sommes incapables de vaincre le mal. Si nous sommes solidaires et en confiance avec Dieu, nous pouvons l’emporter ». Il a demandé à ses Frères et Sœurs de se tenir la main sans l’amour, la fraternité pour reconstruire notre pays.

Le Frère Président a rappelé qu’il est et demeure l’un des serviteurs de la République, le serviteur du peuple centrafricain. C’est pourquoi, il tend sa main et je continuerai à tendre sa main à tous ses compatriotes pour qu’ensemble nous bâtissions une Nation unie et prospère à travers la paix et la réconciliation nationale.

Le Frère Président a adressé une prière en demandant à Dieu Tout Puissant, de garder son pays la République Centrafricaine, de donner à chacun de ses compatriotes l’esprit d’amour et de pardon afin qu’ensemble dans la crainte de Dieu, nous nous tenions la main pour reconstruire notre pays.

Il a enfin rappelé que nous pouvons créer une Nation fraternelle et unie si nous sommes au service des uns et des autres. Nous pouvons vivre heureux si nous nous acceptions quelque soit notre origine sociale et culturelle, notre obédience confessionnelle, nos opinions politiques. Je prie le Seigneur de nous réapprendre à vivre cette communion fraternelle à travers nos comportements a-t-il insisté.

Cette cérémonie d’ouverture a pris fin par une animation de la chorale Bè Oko de l’Église Protestante Christ Roi (EPCR).

La première thématique de la journée intitulée :“
Après avoir considéré la RCA comme l’Allemagne à la sortie de la guerre en 1945, l’Honorable DECKER a rappelé les crises centrafricaines qui ont détruit le pays dans son ensemble. A travers quelques expériences, l’orateur a mis l’accent sur “la responsabilité de l’homme devant Dieu et devant les hommes“ mentionnée dans le préambule de la nouvelle constitution allemande après la 2ème guerre mondiale. Il a recommandé que chaque participant considère ce thème dans sa prière. Selon la Bible et le Coran, l’autorité vient de Dieu qui la donne à ceux qu’il veut. Jésus, pour sa part, nous a donné des devoirs :
1. Aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa pensée ;
2. Aimer son prochain comme soi-même ;
3. Aimer ses ennemis.
Pour terminer, Honorable DECKER recommande :
1. A ceux qui prennent les armes, de cesser de prendre les armes ;
2. A ceux qui luttent pour la paix, à continuer de le faire dans la prière.
A l’issue de cet exposé, Son Excellence Professeur Faustin Archange TOUADERA, Président de la République, Chef de l’Etat, désigné Modérateur, a conduit la police des débats pendant les échanges, les partages et les expériences.
Dans son mot introductif, il a mis l’accent sur sa quête inlassable et assidue de paix qui a abouti à l’adoption de la Feuille de route pour la paix et la réconciliation en République Centrafricaine. Son rêve d’une Centrafrique qui saura éduquer, nourrir, soigner, loger et protéger tous ses enfants, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest dans la quiétude d’une Nation diverse et réconciliée.
Après cet échange, les éléments clés retenus sont les suivants :
– Même si nous représentons une infime partie de la population, mais notre responsabilité devant Dieu est très grande à l’instar du sel dans la soupe.
-Pour la réussite de la République Centrafricaine, il faut un engagement personnel et non collectif car la guerre sur le terrain prend sa source dans cette salle.
-Il est à craindre que l’option chrétienne ne soit une solution, du fait qu’elle-même est un problème.
-Que cette assise permette au centrafricain, partout où il se trouve et se reconnaissant coupable, de venir demander pardon.
– La notion de Nation qui surplombe tout, trouve sa signification en ce lieu. En effet, nos actes positifs survivront plus que tout et méritent d’être poursuivis dans la sincérité.
-Comment chercher la paix pour la nation sans être soi-même en paix.
-Regarder notre responsabilité devant Dieu ne veut pas dire avoir les mêmes idées. Ensemble recherchons la paix.
Enfin la lecture de trois (03) messages de paix ont été délivrés successivement les sœurs :
– Sœur Anne Marie NGOUYOMBO
– Sœur Léa NGAÏDAMA
– Sœur Angèle SEMKOMANA
Une prière pour la paix avec Dieu et la paix entre les Hommes a été dite par le Frère Ministre Maxime KAZAGUI
Suivie d’un message de paix du Frère, Honorable Anicet Georges DOLOGUELE.
La chorale Bé Oko a repris le flambeau pour un moment d’animation.

La 2ème thématique : “ Comment promouvoir la réconciliation et l’unité nationale dans un contexte de crise“ a été présentée en panel par le Frère Rév. Dr NUPANGA WANZANA
En introduction à cette thématique, le Frère Honorable Abdou Karim MECKASSOUA, Président de l’Assemblée Nationale, Modérateur pour conduire les échanges, a mis d’abord l’accent sur l’entretien avec le Cardinal NZAPALAINGA sur la Toussaint qui rappelle les milliers de morts dans les crises.
Ensuite, dans la loi soumise à l’Assemblée Nationale, il n’y a pas de mot “pardon“. On ne peut pas pardonner les bourreaux qui ont commis des actes lesquels ont remis en cause la paix. Reconstitutions la paix perdue et ne pas instrumentaliser le frère TOUADERA en lui demandant de pardonner à tous sauf à ceux qui remettent en cause son autorité qui vient de Dieu. Il est chrétien dans son Église et frère pour tout le monde.
Construisons des règles entre nous pour mieux construire la paix. Vivre ensemble est une construction de tous les jours.
Quant au Rév. Dr NUPANGA WANZANA, la réconciliation et l’unité nationale doivent être au cœur de la parole de Dieu. Prendre en compte les victimes et punir les bourreaux n’est pas une solution. La réconciliation ne vient pas par cette solution, ni de cette rencontre qui jette seulement le jalon de la reconstruction de la paix et la cohésion nationale. Nous devons être un leadership de service, loin du népotisme.
Le népotisme crée des mécontents à l’exemple des disciples de Jésus.
Le manque du leadership, le népotisme qui exclut le mérite, le clientélisme de la part des élites sont quelques-uns des problèmes qui détruisent la cohésion sociale.
Au sortir de cette assise, nous pouvons adopter une nouvelle manière de construire un nouveau modèle de leadership au service du peuple avec humilité, ainsi nous changerons la société centrafricaine.
En s’adressant au Président de la République, il lui a conseillé de rester attentif à l’écoute du peuple et de maintenir son humilité.
A la fin de ces échanges, il faudrait retenir ce qui suit: -Commencer par l’abandon du népotisme qui n’est qu’une piste et tendre progressivement vers la paix, la justice pour que notre pays aille de l’avant.
-La nécessité de la justice transitionnelle pour le vivre ensemble.
-Nous sommes là pour une prise de conscience qui est un long processus.
-La question des minorités doit être discutée sérieusement tant au sein de l’islam qu’à celui du christianisme.
Le message de paix au nom des sœurs centrafricaines a été délivré par la Sœur Honorable Béatrice EPAYE.
Ensuite la prière pour la réconciliation nationale en République Centrafricaine a été dite par le Frère Georges GOUGOUEI.
La séance a été suspendue pour la Pause Déjeuner.
A la reprise des travaux, un moment a été consacré à l’animation de la Chorale Bê Oko de l’Eglise Protestante du Christ Roi.
Suivie du message de paix au nom de la Jeunesse Centrafricaine par le Frère Hugues MONGOMBE
La thématique intitulée : “La cohésion entre les Communautés : un facteur de la paix“ est présentée en panel par les Frères Mathieu Fabrice Evrard BONDOBO et MODIBO Bachir.
Les points forts à retenir de ces présentations se résument de la manière suivante :
Le 1er intervenant a commencé par la définition de la religion qui est le lien qui unit l’homme à Dieu.
L’église catholique reconnait les valeurs culturelles et sociales de toutes les religions. Il a rappelé le message du Saint Père qui fait partie de la devise nationale.
Le 2nd orateur s’est adressé à tous les groupes armés en citant un passage coranique en ces termes, je cite :“ Celui qui tue une personne innocente est considéré comme celui qui a tué toute l’humanité, et celui qui sauve une personne est considéré comme celui qui a sauvé toute l’humanité.“ fin de citation.
Il a fait remarquer que toutes les communautés sociales, toutes les catégories sociales n’ont pas été épargnées par cette crise qui a secoué toute la République Centrafricaine. Il a fait la comparaison de la crise centrafricaine à celle du Nigéria, mais cette crise a conduit le développement économique et social du Nigéria. Elle a occasionné une profonde modification dans la société.
Nous pouvons également dire que la crise de la RCA est la révolte de la jeunesse désœuvrée contre nous les élites. Dieu nous invite à évoluer, à prendre en compte “les laisser pour compte“.
La dernière thématique : “ La responsabilité des élites nationales dans la recherche de la paix et la réconciliation nationale“ a été développée par Monsieur Henri MINDER, Président de l’Association Chrétienne de Police Suisse (ACPS) et Vice-Président de la Fondation Fraternité Internationale.
Dans son exposé, il a souligné que depuis plus de 100 ans la Suisse a connu la paix, même pendant la première et la seconde guerre mondiale. Comment est-ce possible de voir tout le monde s’entretuer mais dans la petite île, il y avait la paix.
La Suisse a décidé de vivre ensemble dans la paix, conformément à la déclaration de Martin Luther Junior en 1965: je cite : “Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous devons mourir tous ensembles comme des idiots.“ fin de citation.
La paix, l’unité et la dignité sont fondamentales à un avenir meilleur d’une Nation.
Le Tout Puissant ne donne jamais des missions impossibles à ses enfants et à ses serviteurs si la vie de millions de personnes en dépend!
Des exemples pris dans la Bible, des leaders et des élites qui ont accompli des missions semblant être impossibles dans l’histoire de l’humanité pour illustrer ses propos.
Le Seigneur dit : C’est dans le silence et la patience que sera votre force.
Dieu n’attend pas des Élites d’accomplir la mission impossible. Ce qu’il attend de nous, c’est de lui ouvrir la porte et lui donner la place. Si nous ne lui permettons pas de nous aider, c’est de notre responsabilité.
Pour le créateur de l’univers, rien n’est impossible !! Laissez Dieu nous aider à trouver la paix et la réconciliation pour notre pays la République Centrafricaine !
Dieu nous invite à changer et que le Président OBAMA a dit : “oui, ensemble nous pouvons changer“.
Enfin, c’est le tour du Frère Simplice Mathieu SARANDJI, Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’assurer la modération des échanges, partages et la police des débats relatifs aux deux thèmes développés.
Dans son mot introductif, il a fait allusion au témoignage d’une américaine au Petit Déjeuner de prière de la Rencontre Internationale de Berlin laquelle a demandé trois choses à son Dieu et celle-ci a été exaucée parce qu’elle croyait en Dieu.
Servir les autres, c’est faire de la politique.
La carence de l’État est ce qui caractérise le continent africain. Nous ne privilégions que ceux qui nous entourent.
La crainte de Dieu m’amène à être un homme peureux.
Deux catégories socio professionnelles de personnes devraient nous amener à remplir correctement notre mission, il s’agit des veuves et les orphelins.
Le temps est venu de renouer avec les valeurs profondes de notre beau pays, la République Centrafricaine, et de rassembler les centrafricaines et les centrafricains pour célébrer la paix, la paix sans laquelle aucun développement n’est possible !
De ces échanges, il faut retenir que :
-Réfléchir sur un nouveau système de cohésion sociale.
-Se débarrasser de ceux qui excellent dans la manipulation.
-Nous voulons la réconciliation mais la réconciliation sans la justice, non.
-La responsabilité n’incombe pas seulement aux élites nationales
-Au delà de nos responsabilités, il ya des manifestations exogènes ; Il ya également nécessité de changer de paradigme aussi bien en politique qu’économiquement.
-Réfléchir sur le modèle économique qui correspond à notre pays.
Une poésie sur la paix intitulée “Paix me voici“ a été présentée par Mlle Aïcha MAGBA GAKARA.

Fait à Bangui le 07 Novembre 2017

 

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